Tarek Bouchamaoui mise sur le terroir tunisien

Depuis sa création à Tunis en 2012, le groupe familial Hédi Bouchamaoui Group Holding (HBG Holding), fort des ressources que lui offre la société d’exploration et de production pétrolière et gazière que le groupe familial exploite en Égypte (HBS International Egypte) déploie une stratégie d’investissement massif en Tunisie, à un rythme très élevé.

Il s’est ainsi investi dans des secteurs aussi diversifiés que les services financiers, l’assurance, l’automobile, la restauration rapide, le prêt-à-porter, l’immobilier afin de contribuer au redressement et à la modernisation d’un pays qui est aujourd’hui économiquement déprimé et dont le groupe veut contribuer au relèvement.

Mais Tarek Bouchamaoui veut porter le groupe familial encore plus loin. Il a à cœur de réaliser le souhait de feu son père, Hédi Bouchamaoui, de développer une agriculture moderne en Tunisie, projet que ce dernier n’eut guère le temps de mettre en œuvre, ni l’opportunité, en raison des freins qui existaient avant le Printemps arabe en Tunisie. Dans les années 1970/1980, le fondateur des entreprises Bouchamaoui avait planté des milliers d’arbres en Libye dans le cadre du projet pharaonique de la Grande Rivière Artificielle (GRA). C’est dans cet esprit d’accomplissement paternel que le groupe HBG Holding a créé en 2015 la filiale Al Hidaya Agricole qui, doté d’un capital initial de 950 000 €, rachète près de mille hectares de terrains dans le Sud tunisien. Tarek Bouchamaoui choisit des terres agricoles aux alentours de Matmata, dans le gouvernorat de Gabès, là où s’étendent les racines et ramifications de sa famille.

La société Al Hidaya a pour projet de mettre en oeuvre une arboriculture raisonnée

Le secteur de l’agriculture, et de l’arboriculture, est un vecteur de croissance que veut promouvoir le gouvernement tunisien. Pour ce faire, le gouvernement fait preuve d’initiatives originales en soutenant par exemple les investisseurs par des abattements fiscaux très avantageux. Il met notamment à disposition des exportateurs d’huile d’olive des fonds d’encouragement. Il se trouve que la Tunisie dispose de 4,1 millions d’hectares cultivables. Or l’agriculture contribue seulement à hauteur de 12 % du Produit Intérieur Brut de la Tunisie. Ce secteur génère 10 % des investissements, emploie 16 % de la population active et participe à concurrence de 11 % à l’exportation. Des facteurs climatiques et géographiques accentuent également de manière favorable ce potentiel arable, comme le taux moyen d’ensoleillement, une température favorable à la croissance végétale toute l’année et un emplacement géographique idéal. La région est réputée pour son microclimat qui permet des récoltes précoces et pour ses ressources en eau souterraines.

Profitant des incitations gouvernementales, la nouvelle société Al Hidaya Agricole déploie une stratégie volontariste pour devenir un acteur majeur de l’exploitation et de la distribution des produits arboricoles. La production, dont les premières récoltes sont attendues pour 2018, sera destinée principalement à l’export à travers des accords commerciaux avec des opérateurs européens, américains et du Golfe. En voulant exporter l’essentiel de sa production, Tarek Bouchamaoui souhaite aussi faire entrer des devises étrangères en Tunisie, dont le pays a besoin pour se développer davantage et rattraper ainsi son retard économique.

Un projet de développement moderne sur 750 hectares

Le groupe familial Hédi Bouchamaoui Group Holding, par l’intermédiaire de sa filiale Al Hidaya Agricole, porte donc un projet de développement de 750 hectares de terres agricoles en arboricultures. Jusqu’à présent, ont été plantés cent hectares de différentes variétés d’arbres fruitiers (pêchers, grenadiers, abricotiers) et un peu de vigne, cent hectares d’amandiers en culture intensive et cent autres hectares d’oliviers également en culture intensive. Le reste suivra dans les mois qui viennent.

La production oléicole est une tradition historique en Tunisie. Le pays exporte déjà environ 75 % de sa production oléicole et il est le deuxième exportateur mondial d’huile d’olive après l’Union européenne. Si deux variétés constituent l’essentiel de l’oléiculture tunisienne, à savoir la « Chemlali » et la « Chétoui », le choix de Tarek Bouchamaoui s’est porté sur une nouvelle variété d’olives, « l’Arbosana ». Sa productivité est élevée et constante. La teneur en huile de ses fruits est très bonne et son huile est d’excellente qualité.

Soutenue par un partenaire technique, des unités de conditionnement, de transformation et de valorisation des produits agricoles sont en cours d’installation. Prochainement, l’exploitation comptera une station de conditionnement frigorifique d’une capacité de 500 tonnes, une unité de trituration, de conditionnement et de mise en bouteille d’huile d’olive et une unité de transformation et de production de pâte d’amande. L’investissement global du projet est estimé à 50 millions de dinars (17 millions d’euros) sur la période 2015-2019, avec un investissement initial de 15 millions de dinars (5 millions d’euros).

Al Hidaya, vecteur d'embauches et de richesses

Ce projet éco-responsable mais aussi sociétalement responsable s’intègre dans une stratégie globale du groupe qui se préoccupe de valoriser et moderniser l’agriculture tunisienne, et donc d’en changer certaines méthodes archaïques en informant et donnant l’exemple. L’utilisation de techniques de pointe et mécanisées pour la taille et la récolte améliore le rendement tout en montrant la voie de ce que le progrès technique permet d’accomplir. Ce projet s’inscrit également dans le respect de l’environnement, à travers la maîtrise de la fertilisation et la prévention des maladies, renforçant ainsi la sécurité sanitaire et alimentaire du pays. Par ailleurs, le choix fait par le groupe de piloter l’irrigation par la technique du goutte-à-goutte a l’avantage de préserver les ressources en eau. Ce système d’arrosage a? débit très faible s’opère au niveau des racines, ce qui réduit les pertes par infiltration ou évaporation. Enfin, ce projet obéit à un cahier des charges strict, dans la logique d’une production raisonnée, et il se conforme aux normes de protection environnementale, de traçabilité et d’hygiène, et ce, depuis la récolte jusqu’au conditionnement et au transport de la production.

Avec ce projet de développement durable, Tarek Bouchamaoui souhaite aussi et surtout instaurer dans le Sud Tunisien un cercle vertueux de création d’emplois locaux et de richesses. Son vœu le plus cher est d’endiguer l’exode rural en augmentant l’attractivité de la région de Gabès et le niveau de vie de ses habitants. Ainsi, à ce jour, une centaine de personnes a été embauchée pour initier le projet, dont une dizaine de cadres (ingénieurs et techniciens). En 2019, la société Al Hidaya Agricole projette d’employer au moins deux-cent-cinquante personnes. Par ses actions novatrices et réformatrices, le groupe espère ainsi convaincre la population de retourner à la terre pour la cultiver et en retirer les meilleurs revenus, et par la même occasion faire des émules parmi d’autres entrepreneurs. Pour le bien économique du pays, mais aussi pour l’amélioration des conditions de vie du peuple tunisien. Rendez-vous donc dans cinq ou six ans lorsque la jeune société Al Hidaya Agricole aura atteint son rythme de croisière.


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