Tech : l'innovation passe par les femmes

14,5 %
En 2017, la part de levées de fond féminines n'a pas dépassé 14,5 % en
France.

Le manque de femmes dans les nouvelles technologies est un frein à l’innovation. Ce déséquilibre peut être compensé en facilitant leur accès aux formations par des mesures incitatives et un changement des mentalités dès l’enfance.

Quand l’informatique est née dans les années 70, elle employait majoritairement des femmes, affectées à la collecte et au tri d’informations. Dans les 80’s avec l’essor du secteur, leur nombre s’est drastiquement réduit comme celui des étudiantes en programmation. Aujourd’hui, la Tech est un moteur de l’économie, avec des entreprises aux croissances exceptionnelles qui transforment la société. Mais si presque toutes les professions ont évolué vers la parité, ce secteur se démarque : elles ne sont que 16 % des salariées de la Tech et 20 % des fondatrices de startups dans le monde.

Faire connaître les métiers de la Tech aux écolières

En France, rien n’empêche matériellement aux femmes d’accéder aux métiers de l’IT. Les écoles sont ouvertes et mettent souvent en place des politiques inclusives — comme Centrale Paris et ses bourses financées par des entreprises pour les étudiantes. Les raisons de ce déséquilibre se trouvent dans les stéréotypes ancrés dans l’inconscient collectif. On a prétendu des siècles qu’elles étaient inaptes aux sciences et malgré une petite amélioration, les filles sont peu incitées à suivre des études scientifiques ou techniques. En 2016, elles n’étaient que 38,7 % des étudiantes scientifiques en France.

La solution passe par l’éducation, dès le plus jeune âge, par les parents et par l’école, où les stéréotypes prolifèrent mais dont le rôle est primordial. Il faut changer les perspectives des filles sur la Tech et encourager les initiatives comme celle de Wifilles, qui font de groupes d’écolières des ambassadrices Tech ou le programme Start’her Académies, qui initie à cet écosystème dès le collège, en mettant des femmes à l’honneur.

Donner des modèles de réussites de femmes

Avec les bons arguments et en honorant celles qui ont réussi, les barrières psychologiques tomberont. Les théoriciens de l’empowerment montrent l’importance de tels modèles. Amenons un changement des mentalités en organisant des évènements Tech autour d’intervenantes en mettant en avant leur compétences. Aux États-Unis, on compte par exemple Meg Whitman, PDG de HP, Marissa Mayer, PDG de Yahoo, Susan Wojciki, PDG de YouTube ou Ginni Rometty, PDG d’IBM. En France, Roxanne Varza, directrice de Station F, Clémence Franc, CEO de Novagray et citée par le MIT ou Joséphine Goube, CEO de Techfugees.

Des initiatives pour soutenir les startups dirigées par des femmes

L’opinion publique est favorable à cette évolution et pousse les gouvernements à soutenir les fondatrices de startups. En hausse, la part des levées de fonds féminines ne dépasse pas 14,5% en 2017 en France. Consciente du problème, la Secrétaire d’État à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé vouloir une „French Tech Women“. La situation s’améliore aussi par les démarches de PME et de grandes entreprises de la Tech, dont les dirigeants mettent en place des actions concrètes. Facebook a par exemple lancé la campagne « She means business » et annoncé un investissement de 10 millions d’euros pour former 15 000 françaises aux métiers du numérique.

L’innovation a tout à gagner avec les femmes

Coder est une excellente manière de gagner en influence. Celles et ceux qui codent créeront les projets qui façonneront le monde. Les femmes doivent participer à ce mouvement, pour elles-mêmes, mais davantage pour la société, dont la richesse naît de la pluralité. En excluant les femmes, la Tech se prive d’avancées techniques révolutionnaires. Ce sont des femmes qui ont inventé l’algorithme — Ada Lovelace — les transmissions sans fil, à l’origine du Wifi et du GPS — Hedy Lamarr — et tout simplement l’ordinateur, dont l’ancêtre a été développé en 1951 par Grace Hopper.

Des ressorts psychologiques et sociaux entretiennent un « gender gap » dans la Tech. Il faut que tous soutiennent la place des femmes dans le secteur numérique pour ne pas passer à côté d’innovations majeures en permettant une véritable égalité d’accès. La plupart des technologies de communication modernes ne doivent-ils pas leur existence à Shirley Jackson, première physicienne du MIT ? Nul doute que le monde aurait été bien différent sans elle.


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