Depuis le 1er janvier 2018, vous pouvez être soigné à distance par votre médecin !

12 %
12 % des Français ne veulent pas partager leurs données de santé.

En matière d’amélioration du parcours de soin numérique, le début de l’année 2018 scelle l’avènement d’une avancée de taille puisque le projet de loi de financement de la sécurité sociale a prévu de faire rentrer la télémédecine dans le droit commun. Les actes de consultation à distance rentrent donc dans le champ médical, la France devient le premier pays industrialisé avec des systèmes publics de télémédecine !

Un accueil contrasté de la réforme par les médecins

La nouvelle loi de la sécurité sociale prévoie un remboursement des actes de téléconsultation. En d’autres termes, les médecins pourront utiliser les technologies du numérique pour réaliser une consultation et facturer leurs actes comme des actes médicaux classiques.

Mais tous les médecins sont-ils prêts à accepter ces changements ? On peut s’interroger. Certains craignent d’avoir une charge de travail en plus, d’autres d’être constamment sollicités par leurs patients. La vieille génération se montre quant à elle peu encline à l’usage des nouvelles technologies, et de manière générale suspicieuse à l’égard de ces patients informés ayant acquis des connaissances médicales hors du champs traditionnel de la consultation. La «décision partagée», rendue possible par la communication d’informations par le patient grâce au smartphone et à sa connaissance de sa maladie, suscite des inquiétudes et certains mettent en doute la sortie de l’«organisation verticale» de la relation patients-médecins.

Pour autant, ces nouveaux outils technologiques ne prétendent pas remplacer la consultation médicale, ils ne sont que des auxiliaires de santé au service de l’amélioration de la prise en charge du patient. La télémédecine pourra alors s’insérer dans un parcours de soin. Parmi la population de médecins plus réceptifs à leur usage, ils apparaissent comme un moyen de décharger les urgences, d’alléger au contraire leur emploi du temps et de lutter contre les déserts médicaux. Permettant un premier diagnostique à distance, les actes de télémédecine permettront pour eux d’éviter les déplacements inutiles dans les centres hospitaliers dont les services sont parfois engorgés.

Les médecins qui en voient les bienfaits sont donc en mesure de comprendre en quoi ils permettront un gain de temps pour eux, dans la mesure où les nouvelles pratiques de la médecine bénéficieront de l’appui du personnel paramédical, véritable relais dans la dispense de ces actes à distance.

Enfin, il est important de noter que ces outils technologiques peuvent être dotés d’algorithmes permettant d’alerter et faire réagir le personnel médical sur les cas nécessitant une intervention rapide. Il n’est donc pas question pour les médecins de rester en alerte sur les moindres données envoyées par leurs patients.

Un programme national de numérisation du système de santé prévoit donc le déploiement de la télémédecine en région. Les outils numériques sont en effet perçus comme un levier de modernisation du système de santé. Le gouvernement a prévu d’allouer 50 millions d’euros pour mettre en place ces nouveaux programmes de télémédecine, 420 millions d’euros dans la modernisation des systèmes d’information des hôpitaux et 130 millions d’euros dans les programmes e-patient.

Les structures de soin et de santé adopteront donc ces nouveaux outils et les pouvoirs publics seront chargés de veiller à ce qu’ils aident au décloisonnement des structures actuelles, jugées encore trop organisées « en silos ».

Cette nouvelle loi sur la télémédecine est une reconnaissance par l’Etat de la modernisation progressive de notre système de santé, et des outils conçus et pensés par des industriels de santé pour être mis au service des patients et professionnels de santé et du soin.

Des bénéfices concrets pour les patients

L’avènement de ces nouveaux dispositifs de numérisation de la santé apporte de nombreux bénéfices aux patients. Les compte-rendu d’examens pourront être partagés plus rapidement, les diagnostics d’image à distance pourront améliorer la prévention (notamment en cancérologie), les outils pourront également aider les patients chroniques quant à l’observance de leur traitement (ex des patients diabétiques), et aider à la surveillance de pathologies cardio-vasculaires. Ils pourront même permettre une meilleure anticipation des accouchements. Apportant plus de coordination de manière générale, ils permettent un meilleur partage de l’information. Les médecins pourront les utiliser comme de véritables tableaux de bord décisionnels permettant d’inclure et de prendre en compte les données envoyées par le patient pour ainsi mieux les prendre en charge et améliorer la qualité du soin.

Cependant pour évaluer la pertinence de ces nouveaux outils, on ne manquera pas de se baser sur le critère du Service médical rendu (SMR) afin de pouvoir bien évaluer leur apport et pouvoir ne retenir que les outils performants, efficaces, fiables et simples d’utilisation.

D’après les « Rencontres Régionales de la santé numérique » du 14 décembre 2017 - Campagne « Faire avancer le numérique en santé » FASN


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Alice Léger

Consultante en communication santé pour le compte d'associations de patients, d'institutions publiques, de laboratoires pharmaceutiques et de startups dans la e-santé. Spécialisée dans la e-santé, la numérisation du système de santé et l'intelligence artificielle en santé.