Quel est l'avenir des télémigrants ?

37 %
En Europe, 37% des emplois sont télétravaillables.

Après la levée des restrictions sanitaires liées au Covid-19 en France, les employés reprennent le chemin du bureau pour retrouver des habitudes de travail qui nous paraissent lointaines aujourd’hui. Maintenant que le monde de l’entreprise a pris le pli de ce nouveau mode de travail à distance, faut-il obliger les employés à retrouver leur lieu de travail habituel ? Maintenant que le télétravail a démontré que la productivité est bien réelle malgré la distance, les employés sont-ils menacés par la délocalisation des emplois vers des pays où la charge salariale est moins importante ?

De la difficulté de recruter dans un contexte de relance économique

Selon le gouverneur de la Banque de France, près de la moitié des entreprises que l'institution a interrogées ont des difficultés à trouver des collaborateurs. Les entreprises doivent jouer des coudes pour trouver et recruter les meilleurs talents. Mais la pandémie nous a entrouvert une porte, celle de pouvoir réorienter ses critères de recrutement en priorité vers le choix du talent plutôt que celui de la localisation.

Les employeurs de leur côté, doivent jongler entre offrir la possibilité de travailler à partir du lieu de travail, de leur domicile, ou en mode hybride, tout en élaborant de nouvelles politiques permettant d’assurer l’engagement et le traitement équitable de tous les employés. Certaines entreprises révisent les contrats de travail pour fixer un nombre minimum de jours de présence au bureau.

Les télémigrants menacent les salariés en France et en Europe

Selon un rapport de la Coface, en Europe, 37% des emplois sont télétravaillables. Si une entreprise française ou une entreprise allemande en transfère un sur quatre en Pologne, elle économisera 7% de coûts de main-d'oeuvre. Les décisions de délocalisation peuvent être motivées par la hausse du prix des matières premières voire celle des impôts.

Malgré la possibilité de recourir à des talents localisés à l’étranger, il est peu probable que les employeurs aient recours au remplacement des emplois actuels par des télémigrants. Peut-être songeraient-ils à y recourir dans le cas de la création de nouveaux emplois dans le futur.

Les jeunes employés se ruent sur les résidences secondaires

La pandémie a généré un mouvement de mécanique des fluides. Les français fuient les grandes agglomérations pour s'installer dans des villes et régions moins denses et ainsi profiter du rythme de vie local. Dans les Hautes-Pyrénées, une nouvelle clientèle s’intéresse à son marché immobilier. Plus précisément celui de la résidence secondaire. Selon une agence immobilière basée dans le département Occitan, il y a eu 25% d’augmentation des ventes en 2020, provenant d’acheteurs Parisiens et de l’Ouest de la France. Les acheteurs sont des trentenaires ou de jeunes quadragénaires.

Les recruteurs disposent d’un plus grand vivier de talents en France

Maintenant que le travail hybride est devenu la normalité, comment employeurs et employés peuvent et doivent s’y adapter ? L’étude menée par Owl Labs sur le Travail Hybride démontre qu’un tiers des entreprises françaises (31%) prévoit d'embaucher des employés qui peuvent travailler à distance, en fonction de leurs compétences plutôt que de la proximité du bureau, tandis que 33% prévoient d'instaurer des politiques de "droit à la déconnexion" afin de s'assurer que la vie privée et la vie professionnelle des employés à distance ne se confondent pas.

L'accès à un vivier de talents plus large, avec des opportunités de recrutements sur la France entière et en Europe et de meilleure qualité est la première raison citée par les chefs d'entreprise français (51 %) lorsqu'on leur demande pourquoi le travail hybride rend les entreprises plus rentables, suivie de près par la possibilité de se débarrasser de son espace de bureau physique (47 %). Un sur trois (29 %) pense également que le travail hybride améliore la fidélisation des employés.

Cependant, 16% des entreprises françaises envisagent de réduire les salaires des employés entièrement à distance s'ils déménagent dans des lieux plus éloignés et où le coût de la vie est moins élevé, ce chiffre passant à un sur quatre (24%) dans les grandes entreprises françaises.

Enfin, le développement des tiers lieux sur le territoire national pourrait également donner une nouvelle impulsion aux télétravailleurs des quatre coins de la France. Ils proposent une alternative regroupant un lieu doté d’une dynamique professionnelle, mesures de sécurité et lieu de rencontre pour développer son réseau professionnel.

Les télémigrants ne représentent pas une menace immédiate et l’emploi des français a encore de beaux jours devant lui. Les compétences des travailleurs français et la qualité des diplômes universitaires et du supérieur de manière générale sont des atouts à prendre en compte. L’exemple des centres d’appels relocalisés nous montrent que le client français est exigeant en matière de qualité de service. D’un autre côté, les entreprises disposent d’un plus grand champ de recherche géographique de candidats situés aux quatre coins de la France pour trouver la perle rare.


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