TGV : Très Grande Vitesse mais très petite rentabilité

12 %
La rentabilité du TGV a chuté à 12% du Chiffre d'Affaires en 2013.

La Cour des Comptes s'est intéressée aux lignes TGV dans un rapport publié jeudi 23 octobre 2014 et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle ne fait pas la part belle au TGV. Un coût trop élevé pour une rentabilité mise en doute, les lignes grande vitesse sont loin de faire l'unanimité. Parfois même, selon la Cour des Comptes, ces lignes grande vitesse ne sont pas « pertinentes ».

Trop de lignes, trop de gares...


Cela fait 33 ans que la France a lancé le TGV et jusqu'en 2008 tout allait bien. La croissance était au rendez-vous. Mais comme partout, la crise est passée et depuis c'est la catastrophe. Le TGV n'est plus rentable... ou si peu.


En cause, essentiellement, la multiplication des gares : 230 en France sont desservies par le TGV... sauf que ces gares sont loin d'être toutes sur des lignes à grande vitesse. 40% du temps, selon la Cour des Comptes, les TGV en France roulent sur des lignes normales... et donc à vitesse normale.


Il suffit, pour s'en rendre compte, de voir la liaison Paris-Nice via Aix-en-Provence (ou Marseille, c'est sensiblement la même chose). Le train prend environ 3 heures pour faire Paris-Aix (et traverser la France du Nord au Sud quasiment)... puis s'engage sur la ligne normale et met 3 heures entre Aix et Nice.

Fréquentation en baisse, rentabilité en baisse, rien ne va plus pour le TGV


Est-ce la fin du TGV en France ? Sans doute pas, mais la SNCF va devoir agir pour rendre la chose plus compétitive. Car pour l'instant ce n'est pas le cas. Dans le rapport la Cour des Comptes met en évidence « un modèle à bout de souffle, un coût devenu non soutenable ».


Car si en 2008 l'activité dégageait une marge opérationnelle de 29% du chiffre d'affaires, 5 ans après cette marge a été divisée par deux : 12% en 2013. Avec un chiffre d'affaires qui a, qui plus est, baissé. Après un pic à 4,9 milliards d'euros en 2012, il est redescendu à 4,7 milliards d'euros.


Seule solution pour la SNCF ? Réussir à réduire les coûts pour dégager une marge suffisante sur l'activité TGV. Sinon, les prochains projets de lignes à grande vitesse pourraient être mis à mal : l'argent n'y est pas, et l'endettement de Réseau Ferré de France (RFF) « l'empêche de financer de nouvelles lignes par emprunt » selon la cour des Comptes.