Le toujours très dynamique marché de l'art contemporain

40 %
La Chine, Hong Kong et Taïwan, les principales places, représentent
40% du volume d?affaires mondial.

À l’occasion de la Fiac, et aussi d’Asia Now et de Moderne Art Fair, ouverts jusqu’à dimanche, faisons le point sur le marché de l’art contemporain.

Le marché de l’art contemporain se porte bien, il a même dépassé son niveau d’avant le Covid, peu de secteurs peuvent en dire autant ! La société française Artprice, qui recense les résultats des ventes aux enchères dans le monde, vient de publier son Rapport annuel du marché de l’art contemporain (artistes nés après 1945). Le rapport «2021», qui va du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021. Après un plongeon de 34% durant la période des confinements, le marché a retrouvé son niveau, et même battu un nouveau record historique avec 2,7 milliards de dollars de vente, représentant 100.000 œuvres de 34.600 artistes.

La nouveauté de l’année est l’arrivée des NFT (token non fongible représentant une œuvre numérique). Inconnu l’an dernier, Beeple figure cette année parmi les trois artistes les plus chers de leur vivant, après David Hockney et Jeff Koons. Il a remporté la deuxième meilleure adjudication de l’année pour l’art contemporain avec Everydays: The first 5000 Days vendu 69,3 millions de dollars alors que l’artiste échappait à tous les radars habituels : pas de galerie, pas d’exposition, pas de ventes aux enchères… Juste plusieurs millions de followers sur Instagram et le soutien de Christie’s, l’une des plus prestigieuses maisons de ventes de la planète.

Après une édition online, la Fiac revient dans sa forme habituelle, mais dans un nouveau lieu, le «Grand Palais éphémère» en bas du Champ de Mars, qui accueillera les événements du Grand Palais, en travaux pendant quatre ans. Un pavillon a été rajouté mais globalement la foire perd un quart de sa surface par rapport au bâtiment des Champs Elysées. On pourra découvrir 160 exposants (contre 193 précédemment), les deux-tiers venant de l’étranger, la dimension internationale est donc sauvegardée.

Parmi les artistes qui retiennent l’attention, le Chinois Wang Du (galerie Baronian Xippas) sculpte un portrait d’Emmanuel Macron mais dont le volume délimité par le masque est complètement évidé, effet garanti ! Le peintre américain Kehinde Wiley propose des portraits en grand format et très colorés qui attirent l’œil (galerie Templon), toujours dans la peinture, les mains suppliantes de Barthélémy Toguo impressionnent (galerie Lelong), et on ne manquera pas l’artiste togolais et ses toiles colorées et oniriques (galerie Magnin-A). Les photos de sculptures antiques d’Aura Rosenberg, qui deviennent celles de personnes en chair et en os suivant un certain angle, sont une belle trouvaille (Martos Gallery).

Le rapport Artprice montrait aussi que le poids de l’Asie ne cesse de progresser. La Chine, Hong Kong et Taïwan, les principales places, représentent 40% du volume d’affaires mondial. On ne manquera donc pas de visiter le salon Asia Now (9 avenue Hoche, 8e), qui en est à sa 7e édition et qui a su trouver sa place dans le «off», à côté du navire amiral qu’est la Fiac. Le Off, justement, est moins fourni que les années précédentes, la crise en a fait tomber certain (le salon d’art brut notamment), c’est dommage. Un habitué change de nom, mais pas de lieu, Art Elysées, installé dans des pavillons sur les Champs Elysées au niveau du Grand Palais, devient Moderne Art Fair. À ne pas manquer également.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.