Maladie de Crohn et MICI : de nouvelles pistes de traitement

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La maladie de Crohn touche 250.000 personnes en France.

Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Inserm, une hormone régulatrice du métabolisme du fer dans l’organisme produite par le foie, ouvre une nouvelle voie vers un traitement des maladies chroniques inflammatoires de l’intestin. Explications.

Une hormone régulatrice du métabolisme du fer

Voici l’espoir d’un nouveau traitement pour les personnes souffrant de maladies chroniques inflammatoires de l’intestin (MICI), comme la maladie de Crohn -qui touche 250.000 personnes en France- ainsi que les cancers colorectaux qui sont associés à une inflammation de l’intestin. Publiée dans la revue Science, une étude collaborative entre l’équipe dirigée par la directrice de recherche à l'Inserm, Carole Peyssonnaux, à l’Institut Cochin (Inserm/CNRS/Université de Paris) et l’équipe de Greg Sonnenberg à New York (Weill Cornell Medicine) apporte de nouvelles perspectives thérapeutiques pour les malades.

Les MICI sont associées à une inflammation de l’intestin. La muqueuse de cet organe peut alors être endommagée, et des saignements ainsi qu’une distribution altérée du fer dans l’organisme sont souvent observés. C’est en partant de ce constat que les scientifiques se sont intéressés à l’hepcidine, une hormone régulatrice du métabolisme du fer dans l’organisme qui est principalement produite par le foie.

Le rôle protecteur de l’hepcidine sur l’intestin

Les chercheurs ont étudié le processus de cicatrisation intestinale chez plusieurs groupes de souris présentant toutes une inflammation de l’intestin. « Pour l’un de ces groupes de souris, le gène codant pour l’hepcidine n’était pas exprimé. Comparé aux autres groupes de souris pour qui ce gène fonctionnait normalement, cela se traduisait par une perte de poids continue plus importante, mais aussi par une cicatrisation moins efficace de la muqueuse intestinale », explique l’étude. Cela leur a donc permis de confirmer que l’hepcidine joue un rôle important pour la guérison des lésions de l’intestin

Les chercheurs ont ensuite pu montrer « que le processus de cicatrisation était indépendant de la production hépatique d’hepcidine ». Enfin, ils ont confirmé « que les cellules dendritiques de l’intestin humain produisent également de l’hepcidine en réponse à une lésion ». Ainsi, l’hepcidine aurait un rôle protecteur et contribuerait à réparer les lésions de la muqueuse intestinale


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