La transition énergétique en France, un nouveau souffle pour l'économie

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La transition énergétique permettra en France la création de 100 000
emplois en 3 ans.

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte a été adoptée mercredi 22 juillet dernier. Elle vient couronner les avancées considérables réalisées par la France dans le cheminement vers une énergie "verte." Big Data, "smart grid", agrégateurs, stockage d’électricité, "smart building", "power to gas", des terminologies encore marginales il y a dix ans, qui s'imposent peu à peu auprès des acteurs du milieu. Si ces nouveaux concepts semblent encore un peu vagues pour le grand public, ils accompagnent une multitude de changements concrets qui vont affecter l'économie et le quotidien des français. Aussi, en plus des impacts positifs sur l'environnement indiscutables, la montée en puissance des énergies renouvelables est la bonne nouvelle de ces vingt dernières années pour l’économie française.

Face à un taux de chômage peinant à chuter sous les 10 %, seule la création de nouveaux secteurs d’activité peut durablement relancer l'économie française. Un pied dans le présent et un dans l'avenir,  le projet de loi sur la transition énergétique pour une croissance verte est une initiative bienvenue, qui est susceptible de contribuer au développement des secteurs dits d'énergie "verte", à l'instar de la Chine ou de l'Australie, où l'attention tout particulière à ce domaine à eu des retombées particulièrement favorables.

Les énergies renouvelables sont en effet des filières extraordinaires de créativité et d’emploi, ayant vocation à s'essaimer un peu partout sur le territoire, et affecter tous les secteurs d’activité et corps de métiers. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) conjointement avec l’Observatoire Français des Conjonctures Economique (OFCE) ont publié un rapport commun daté de 2013, qui prévoit que la transition énergétique permettra en France la création de 100 000 emplois en 3 ans. Cet avis est d’ailleurs corroboré par la Confédération Générale du Patronat des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME) qui enregistre une hausse de 75 % des offres d’emploi liées à la transition énergétique depuis mars 2012.

Aujourd'hui le développement des systèmes d'Open Data - secteur de l'interprétation des données de consommation énergétique publiques afin de renforcer la qualité des services - ont connu un essor sans précédent dans l'hexagone, et ce domaine a enregistré parmi les plus fulgurants succès de start up dans l'hexagone. Ainsi, les données ouvertes sont de plus en plus diffusées de manière structurée. Cela s'inscrit dans une tendance qui considère l'information publique comme un bien commun dont la diffusion est d'intérêt public et général.

Parmi les francs succès de ces derniers mois, OpenDataSoft, le spécialiste de l’Open Data et des APIs lancée en 2011 a été la première société à mettre au point une plateforme complète visant à l’exploitation de ces données. Jean-Marc Lazard, PDG de la start up, explique que les collectivités, entreprises et administrations comprennent de plus en plus l’enjeu de l’ouverture des données et la nécessité d’équiper leur système d’APIs. Avec une levée de fonds de 1,5 million d’euros auprès d’Aurinvest, OpenDataSoft va désormais tenter de s’exporter à l’international, et renforcer considérablement son équipe - une aubaine pour le marché du travail.

Cette success story est loin d'être la seule autour des nouvelles formes d’énergie. L’année en cours marque un tournant spectaculaire pour la société Qualisteo, de récents contrats prestigieux étant venus récompenser les efforts consentis pas ses équipes. Et pour cause, de nombreux grands noms ont fait appel à Qualisteo : la société d’exploitation de la Tour Eiffel, celle du stade Allianz Rivera de Nice, l'usine Sanofi à Montpellier, Sodexo et bien d'autres.

De même, CSide, fournisseur de solutions pour maison intelligente vient de conclure un partenariat au Luxembourg avec Enovos et Post - deux groupes s’apprêtant à faire croître leurs parts de marché compte tenu du succès rencontré. L'apparition des services semblables pour particuliers est le dernier développement du secteur. Le mot d'ordre est clair : simplifier la vie des clients, ou en d'autres termes fonder le système sur la demande plutôt que sur l'offre. Et, non contente de l'avenir prometteur qu'elle offre aux entreprises françaises, cette révolution verte présente également l'avantage de directement bénéficier aux particuliers.

Avec la décentralisation, une partie importante de l’énergie du futur sera produite régionalement, à petite échelle - parfois dans un réseau limité à un simple bâtiment. En fonction de la géographie, des ressources, des besoins et du climat local, elle sera distribuée et échangée localement grâce à des smart grids et des micro-grids, et éventuellement stockée.

Ces noms désignent des réseaux de distribution d'électricité « intelligents » qui utilisent des technologies informatiques de manière à optimiser la production, la distribution, la consommation, et qui prennent en compte la production des particuliers afin de la inscrire dans le système global. Des dispositifs d’accompagnement innovants combinant communication de proximité, nouvelles technologies et relationnel ont ainsi vu le jour. Testés en France pendant un an auprès de 8.000 foyers, ces derniers ont réduit en moyenne de 10 % leur consommation d’eau et d’électricité. Ce résultat équivaut à une économie chaque année d’1,5 million d’euros pour les habitants et 27.000 euros pour la collectivité. De quoi réjouir des deux côtés de la table.


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