Italie : les tremblements de terre ont coûté 23,5 milliards

3,2 MILLIARDS €
Les opérations de secours lors des tremblements de terre en Italie ont
coûté 3,2 milliards d'euros.

L’Italie, qui est construite sur une faille sismique majeure, a été frappée par de gros tremblements de terre en 2016. Plusieurs centaines de morts sont à déplorer et les dégâts matériels sont gigantesques. Un coût qui va causer quelques tensions entre l’Italie et la Commission Européenne puisque cette dernière lui a demandé de grosses économies budgétaires… mises à mal par l’urgence de la situation.

Bruxelles veut que l’Italie réduise ses dépenses de 0,2 % de son PIB

L’Italie, un des pays fondateurs de la CECA, qui deviendra des décennies plus tard l’Union Européenne, est en crise. Sa dette s’envole, elle a dépassé les 140 % du PIB, et Bruxelles aimerait freiner la tendance. Pour ce faire, la Commission Européenne a gentiment demandé début février 2017 à Rome de réduire ses dépenses de 3,4 milliards d’euros. Des économies minimes pour le pays : à peine 0,2 % du PIB.

La réponse de l’Italie à cette demande ne s’est pas faite attendre mais ce n’est sans doute pas celle attendue par Bruxelles. Au lieu de s’aligner sur les demandes de l’UE, l’Italie a tout simplement fait savoir que non seulement elle n’allait pas baisser ses dépenses mais que la situation d’urgence liée aux tremblements de terre allait les faire exploser.

Les tremblements de terres auront coûté l’équivalent de 1,4 % du PIB italien

mercredi 15 février 2017 la Protection civile italienne a transmis à Bruxelles un dossier qui va envenimer les tensions entre les deux parties. Il s’agit du calcul de la somme qu’on coûté les divers tremblements de terre qui ont frappé le pays entre le tremblement de terre d’Amatrice le 24 août 2016 et la dernière grosse secousse du 18 janvier 2017. Pas moins de 4 régions du centre du pays ont été touchées à divers endroits.

Au total, les tremblements de terre auront coûté 23,5 milliards d’euros dont 3,2 milliards pour les seules opérations de secours. S’ajoutent 14 milliards pour les bâtiments, 3,1 milliards pour les dommages subis par le patrimoine ainsi que 2,7 milliards pour les dommages aux infrastructures.

Une somme gigantesque, cette fois, puisqu’elle représente 1,4 % du PIB italien et que le pays n’a pas encore réussi à financer : 13 milliards d’euros manquent encore à l’appel. Il est clair qu’il sera impossible pour l’Italie de procéder à des économies d’échelle… et le pays espère que Bruxelles soit compréhensive.

De toute manière, politiquement, la Commission Européenne ne semble guère avoir le choix : 45 % des Italiens sont contre l’Union Européenne ; risquer un « Itaxit » n’est pas à l’ordre du jour car ce serait réellement le début de la fin de l’UE.


Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.

 

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