Trouble du langage chez les enfants qui regardent les écrans le matin

138 EUROS
La redevance télé en France est de 138 euros.

Que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre ! Ici point de leçon à donner mais de nécessaires importantes réflexions à mener et à partager pour l’avenir et l’éducation de nos enfants. Que vous soyez parents, grands-parents ou que vous attendiez de le devenir, ce sujet devrait vous intéresser au plus haut point.

Santé publique France est le nom public de l’agence nationale de santé publique et est un établissement public français à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Prévue par la loi de modernisation du système de santé, elle est effectivement créée au 1?? mai 2016.

Vous n’avez donc rien d’aussi officiel comme source que Santé Publique France.

Ceci étant posé, voici ce que conclut la dernière étude de cette agence publique concernant les écrans.

Exposition aux écrans des enfants et trouble du langage.

Vous trouverez en lien tout en bas, la totalité de l’étude et un autre article de vulgarisation de cette étude qui est sortie le 14 janvier 2020. Elle est donc toute neuve !

« Notre étude a montré que les enfants qui étaient exposés aux écrans le matin avant l’école, et qui discutaient rarement ou jamais du contenu de ces écrans avec leurs parents, étaient environ six fois plus à risque de développer des troubles primaires du langage que les enfants qui n’avaient aucune de ces deux caractéristiques.

L’exposition aux écrans chez les jeunes enfants est un problème de santé publique et les professionnels de santé de la petite enfance ont un rôle important à jouer dans la prévention en informant les parents sur les risques encourus ».

Comment apprend-on à parler ?

C’est assez simple et le processus est parfaitement connu. En gros, l’enfant est sur les genoux de papa ou de maman. On pense donc occuper naturellement l’esprit du marmot mutique et on lui désigne chaque objet en l’associant au mot qui le désigne du genre… ceci est un bol, et ça tu vois, c’est un couteau… dangereux le couteau… ça c’est maman, ça c’est papa… à force de répétition le gamin associe chaque objet à un mot, puis chaque concept à un mot… étape qui vient plus tard et dure nettement plus longtemps.

Pourquoi les écrans sont nocifs ?

Simple là encore, mais il convient généralement de l’expliquer. Lorsqu’un enfant regarde un écran plat très grand de plus de 80 centimètres, que regaerd-t-il ? Le papillon blanc ou multicolore qui traverse l’écran au moment où la télé, elle, peut dire « hooo… la belle marguerite ».

C’est pour cette raison que l’étude explique qu’il y a une double condition à la dangerosité des écrans à savoir le fait d’être jeune et de regarder les écrans, et de le faire seul… Sans qu’il ne puisse y avoir le jeu de l’interaction qui permet l’association entre mot et objet pour développer le langage.

Notez tout de même qu’il est peu probable que si un parent regarde la télé avec son gosse sans rien lui dire cela change quelque chose.

Nous savions déjà tout cela !

En réalité, il n’y a presque rien de nouveau dans cette étude pour ceux qui suivent un peu ce sujet. L’intérêt c’est qu’ici nous disposons d’une étude purement française, alors que jusqu’à présent nous nous reposions presque exclusivement sur des travaux américains ou canadiens.

Nous savons également qu’au-delà des troubles de langage, vous avez également des troubles de comportement qui sont directement liés aux écrans, et l’on ne parle pas ici uniquement de la télévision, mais de l’ensemble de ces outils numériques qui vont du smartphone (le téléphone intelligent qui rend stupide) aux jeux vidéos. Vous avez des milliers d’enfants qui adopent le même rythme de fonctionnement saccadé que les jeux qu’ils utilisent régulièrement… plus de 8 heures par jour.

Les digues sont en train de lâcher partout !

De l’école à la maison, les digues de l’utilisation des écrans lâchent partout.

Il n’y a plus un adulte pour en rattraper un autre.

Nous frottons, nous autres les adultes, nos écrans toute la journée, et le soir, nous continuons à le faire en oubliant même de se parler ou d’échanger directement avec ceux qui sont là.

Cette discipline que l’adulte n’est plus en aucun cas capable de s’appliquer, il se refuse par manque de légitimité et par culpabilité à l’imposer à ses enfants. Du coup, désormais et cela s’accélère depuis deux ans très nettement, les adultes laissent de plus en plus les enfants faire comme ils le veulent avec une naïveté confondante de surcroît sur les « programmes » que vont aller voir les chers bambins…

Pourquoi depuis deux ans ?

Parce que les smartphones ont progressé techniquement, parce que presque tout le monde en a et que les forfaits de « datas » les données les gigas sont tels que globalement tout le monde peut surfer en permanence sur son téléphone pour le même prix qu’avant.

Alors partout c’est l’abdication généralisée.

Pourtant, quand on boit un verre de vodka on en propose pas à son gamin !

Alors les écrans c’est un peu la même chose. Ce n’est pas parce que maman ou papa frotte l’écran que les enfants doivent faire la même chose ou être autorisés à le faire.

Se défaire de la culpabilité et de la dépendance.

Les défis personnels, sont évidemment de lutter contre cette dépendance que nous avons tous à nos écrans et qui est naturelle, car vous n’êtes coupable de rien. Ils ont été conçus, construits pour vous rendre dépendants. Vous n’êtes pas coupables vous êtes, nous sommes, et nos enfants les premiers victimes de l’industrie des écrans.

De la même manière que l’industrie du tabac par ses publicités a réussi à tuer des millions de ses clients avec le cancer… mais c’était « cool », c’était « viril » de fumer… c’était bien. Bien comme avoir un écran.

Les écrans ont une immense nocivité.

Il faut donc les dompter et pas les subir, et disons-le, c’est très difficile pour les adultes que nous sommes, encore plus difficile pour nos enfants qui sont par nature encore moins raisonnable et à l’age des excès.

Alors faut-il le zéro écran ?

Je me garderai bien de faire une leçon de morale. Je peux juste vous partager notre exemple et nous connaissons quelques familles qui font exactement la même chose. Il n’y a pas de télé à la maison, pas de smartphone pour les enfants, pas de console, et pas d’ordinateur pour chacun.

Il y a l’ordinateur de maman et de papa, un écran partagé par tous dans la famille, et l’on peut, vendredi soir, regarder un film en famille tous ensemble, et même une émission, ou encore une série, mais c’est rare, c’est une ou deux fois par semaine, et cela devient presque un « spectacle ».

Il n’y a pas zéro écran. Il y a très peu de place à l’écran, et l’écran laissé à sa juste place.

Il n’y a aucune bagarre de télé. Il n’y a aucune demande des enfants, aucune nécessité de supplier et de négocier avec votre « sale gosse » qui ne veut pas partir de devant l’écran ou qui en veut toujours plus, parce qu’il n’y en a tout simplement pas.

Toutes les familles qui pratiquent de cette façon-là le rapport aux écrans, vivent très bien, et vivent de façon plus apaisée que les autres.

La lecture et la discussion ainsi que les jeux tiennent une place plus importante au quotidien et finalement ressemble à la manière dont nous avons grandi avant l’avènement de tous ces i-bidules.

Cela demande de rapprendre à vivre au lieu de regarder des boîtes.

Cela demande de gros efforts et de savoir résister à une pression sociale pro-écran absolument hallucinante.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.