Le schéma Trump

1,7 %
La croissance des Etats-Unis n'a été que de 1,7% en moyenne depuis
2007.

Le président s’agite et plastronne, et les « combats » se multiplient – mais aucun d’entre eux ne s’attaque à la véritable catastrophe qui guette.

Les marchés sont en pleine forme – juste après que le président Trump a démontré combien il serait facile de provoquer un véritable désastre en poussant l’Iran à tirer des missiles vers les bases américaines en Irak.

Ensuite, il a également démontré combien il était facile d’éviter un désastre.

Le schéma est désormais terriblement familier. M. Trump l’utilise pour toutes ses querelles avec des célébrités, ses guerres commerciales et ses rixes politiques. Il dit ou fait quelque chose d’outrancier… puis il recule.

L’or, le « désastromètre » par excellence, s’est envolé à l’annonce de la mort du général iranien Soleimani. Ensuite, lui aussi a rapidement reculé. Les valeurs aurifères ont perdu 5% quasi-immédiatement.

Enfin, M. Trump a signalé la « fin d’alerte ».

Sauf que cette fin d’alerte ne s’applique absolument pas aux marchés boursiers… ni à l’économie US.

Voici une courte histoire du début du XXIème siècle… et où nous en sommes aujourd’hui.

L’ère du déclin

L’ère du déclin a commencé à la fin du XXème siècle pour les Etats-Unis. Quatre décennies de monnaie malsaine, de mauvaises politiques et de Deep State acharné ont rattrapé les USA.

En 2016, la « guerre contre la terreur » – conçue pour faire passer la richesse du public vers le bras armé du Deep State – durait depuis 15 ans déjà, financée par la dette.

Sur les six années les plus récentes, la Réserve fédérale avait mené une guerre contre les cycles économiques normaux – empêchant des corrections tout aussi normales – afin que la richesse continue de s’écouler vers l’industrie financière et les 10% de la population les plus riches.

C’est alors, à l’élection 2016, que les électeurs américains se sont trouvés confrontés à un choix difficile. Il y avait le diable qu’ils connaissaient – Hillary Clinton. Et il y avait celui qu’ils ne connaissaient pas – Donald Trump.

En se basant sur ce qu’ils savaient à l’époque, ils semblent avoir fait le meilleur choix ; ils ont voté, de justesse, pour faire connaissance avec le diable Trump. A tout le moins, il promettait du neuf.

Il a déclaré qu’il mettrait fin aux guerres étrangères… et rembourserait la dette nationale américaine en huit ans. Un électeur raisonnable pouvait se dire : « Même s’il me déçoit, il semble quand même vouloir aller dans la bonne direction. »

M. Trump a également promis d’appeler un chat un chat. En la matière, il a peut-être dépassé les espérances de ses électeurs. Cependant, il est rapidement devenu évident que la star de la téléréalité ne savait en fait pas ce qu’est un chat. Ses émissions étaient soigneusement scénarisées.

Ecrit d’avance

A l’automne 2018, la Fed normalisait les taux d’intérêts et épongeait les 3 600 Mds$ d’excès de liquidité (nouvel argent) injectés durant les années de crise. Cette politique était connue sous le nom de QT, quantitative tightening ou resserrement quantitatif.

Suite à quoi, sur une baisse brutale des marchés boursiers et sous la menace de la Maison Blanche de Trump, la Fed a paniqué. Elle a promptement mis fin à sa « normalisation » des taux d’intérêt. Un an plus tard, en septembre 2019 et toujours sous la pression du président américain, elle a paniqué à nouveau et mis fin au QT.

Elle s’est soudain mise à ré-inonder les marchés de nouvelle monnaie. Une augmentation des dépenses et une réduction d’impôts avaient augmenté les déficits fédéraux. A ce moment-là, les étrangers avaient essentiellement arrêté de financer les déficits US. Les citoyens américains eux-mêmes hésitaient. Il ne restait donc plus que la Fed. Elle a financé 90% des besoins d’emprunt fédéraux en créant quelque 4 Mds$ de nouvelle fausse monnaie par jour.

Ceci étant dit, l’identité de l’occupant de la Maison Blanche n’importait sans doute pas beaucoup. Tandis que le président maintient sa cote de popularité avec des coups de tête incontrôlés et des dialogues improvisés, les vraies répliques qui comptent restent écrites d’avance – par le Deep State.

Une amère catastrophe

A l’aube du XXIème siècle, le complexe congresso-militaro-industriel dont parlait Eisenhower en 1961 était devenu réalité. On ne pouvait plus l’arrêter.

Trop de puissants en dépendaient – pour leur réputation, leur carrière et leur fortune. Des milliers de milliards de dollars ont été retirés au public pour récompenser le Pentagone et ses compères, Wall Street et tous les parasites, tricheurs et escrocs du marigot.

On ne pouvait pas non plus lutter contre les tendances démographiques. De plus en plus de gens abandonnaient des carrières productives pour prendre leur retraite. Le segment des plus de 75 ans connaissait la croissance la plus rapide de tous ; c’était aussi le groupe nécessitant le plus de soins et d’attention. Avec un tel nombre d’électeurs plus âgés, on ne pouvait pas s’opposer à une augmentation des dépenses de prestations sociales.

En dépit des chiffres irréfutables et de la débâcle financière inéluctable, le public actuel semble à peine réaliser. Destitution. Assassinat. Querelles politiques. Augmentation des cours boursiers. Tout semble plus important que sauver le pays d’une catastrophe amère.

Les initiés contre le peuple

Les électeurs choisissent leur camp. Certains sont pour le président, d’autres sont contre.

Ils s’affrontent cependant sur des sujets qui n’ont que peu d’importance. Les gentils contre les méchants. Les riches contre les pauvres. Les blancs contre les noirs. Les hétérosexuels contre les homosexuels. Rouge contre bleu. Et même hommes contre femmes. Les Chinois sont l’ennemi un jour ; le lendemain, ce sont les Mexicains. Ensuite ce sont les Iraniens.

Le vrai combat – les initiés du Deep State contre le peuple – n’est que rarement mentionné. C’est ainsi que le Deep State continue de l’emporter. La dette augmente. Les guerres continuent.

Si l’empire a encore des soldats partout dans le monde… s’il contrôle les mers avec ses lourds vaisseaux… et les airs avec ses avions high tech

… Si ses marchés grimpent… et si personne ne rit au nez de ses dollars…

… Malgré tout, il s’enfonce, coule et s’enlise néanmoins de plus en plus profondément dans la boue. Sur CNBC :

« La Banque mondiale avertit d’une crise de dette mondiale suite à l’augmentation de l’emprunt la plus rapide depuis les années 70.  

La vague actuelle – qui a commencé en 2010 – est considérée comme étant ‘l’augmentation la plus importante, la plus rapide et la plus large’ de l’emprunt mondial depuis les années 70.  

 ‘L’histoire des précédentes vagues d’accumulation de dettes montre que ces vagues tendent à avoir des fins malheureuses’. »

Malheureuses ? Nous n’en savons rien. En tout cas, ce ne sera probablement pas ce qu’espèrent la plupart des gens.

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