VTC : la fin du modèle Uber, obligé de requalifier les chauffeurs en salariés

8,9 MILLIARDS $
Uber a perdu 8,9 milliards de dollars en 2019.

Uber et Lyft ont subi un revers majeur devant un tribunal californien qui pourrait bien mettre un terme à leur modèle centré sur l’indépendance des chauffeurs, et qui est vivement critiqué partout dans le monde. Les deux entreprises doivent requalifier leurs chauffeurs en salariés… avec tous les avantages que cela implique.

La Californie contre Uber, Lyft et leur modèle économique

C’est une très mauvaise nouvelle pour Uber et Lyft, et l’ensemble des plateformes de ce type en Californie : le procureur de l’État de l’Ouest américain a gagné une manche historique contre le modèle des chauffeurs indépendants. Lundi 10 août 2020, le tribunal a condamné les deux entreprises à requalifier en salariés l’ensemble de leurs chauffeurs… sous dix jours. En effet, elles n’appliquaient pas une loi en vigueur depuis le 1er janvier 2020, raison pour laquelle le procureur général de l’État californien, Xavier Becerra, s’en est mêlé.

Pour lui, c’est simple : le business-model d’Uber et Lyft, qui se base sur l’indépendance mais qui cause une précarité majeure chez les chauffeurs, permet aux entreprises de faire des bénéfices en privant les premiers concernés de leurs droits. « Quel travailleur ne veut pas de congés maladie ? Quel travailleur ne veut pas d'assurance chômage en pleine crise Covid-19 ? Quel travailleur ne veut pas être payé pour ses heures supplémentaires ? », a-t-il demandé lors d’une interview accordée à la chaîne CNBC le lendemain de la décision.

Uber et Lyft font front commun et font appel

Concurrents au quotidien, les deux entreprises de VTC semblent faire front commun contre la loi californienne : cette dernière remet totalement en question leur modèle économique, qui n’est toujours pas rentable : Uber a perdu, en 2019, 8,9 milliards de dollars, Lyft 644 millions. Les deux ont annoncé faire appel de la décision.

Lyft estime que l’indépendance des chauffeurs est voulue par ces derniers, sondage à l’appui : 86% des inscrits sur sa plateforme seraient dans cette situation. Mais pour le juge Ethan Schulman, le business-model des deux groupes est une véritable menace pour les salariés et pour « les protections de base qui leur sont dues » parmi lesquelles le salaire minimum, en vigueur en Californie, le droit au chômage ou encore une protection sociale.


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