Un bonus-malus au goût amer

350 millions €
Le malus des véhicules polluants devrait rapporter 350 millions
d'euros à l'Etat en 2017.

Souvenez-vous… Nous sommes en 2007. Le gouvernement instaure un Grenelle de l'Environnement, dont l'une des mesures phares est l'instauration d'un bonus-malus écologique à l'achat des véhicules neufs.

Un seul critère est pris en considération : celui des émissions de CO2 de la voiture. Un avantage certain donné aux petites citadines diesel est alors entériné.

L'électrique face au diesel

Faisons simple : les motorisations diesel à puissance équivalente sont environ 20 % plus sobres en émissions carbone que celles à l'essence. Ainsi, la diésélisation du parc français est alors en marche. Au-delà de la diésélisation, c'est surtout les marques françaises qui profiteront le plus de cet avantage écologique puisqu’elles sont davantage représentées sur ce segment. En revanche, les marques allemandes, leader dans le luxe et les berlines, se voyaient pénalisées par ce système fiscal incitatif envers les petites citadines.

C'était sans compter sur l'évolution du bonus-malus. Rapidement déficitaire, l'État faisait évoluer le mécanisme pour équilibrer son budget en durcissant davantage les conditions d'obtention de ce bonus. Si bien que 10 ans plus tard, le bonus est réduit à peau de chagrin et le malus s’étend à tel point que le système n’est plus favorable qu’aux véhicules électriques.

L'industrie automobile en péril ?

Petit hic : ce type de motorisation reste marginal en France, parce qu’il ne correspond pas aux besoins de mobilité des usagers de la route. Chère à l’achat (malgré le bonus !) et disposant d’une faible autonomie, cette voiture ne séduit pas encore les foyers, qui lui préfèrent les modèles essences ou hybrides. À souligner que malgré les bonnes performances environnementales de ces derniers véhicules, ils sont désormais exclus du dispositif de bonus-malus.

Or, ces évolutions – si elles se poursuivent en ce sens – risquent de porter un coup d’arrêt aux ventes de voitures neuves en France et ainsi de mettre en péril l’une des industries les plus florissantes de notre pays. En revanche, l’opération s’avère être un bon calcul pour les finances de l’État, qui devraient se voir gratifier d’environ 350 millions d’euros au titre des malus versés en 2017 par les propriétaires de nouveaux véhicules dits « polluants », selon les chiffres du cabinet AAA-Data.

Pour l’association « 40 millions d’automobilistes », le système du bonus-malus écologique est devenu obsolète et ne peut que nuire à l’économie automobile, sans apporter de réel bénéfice en termes d’amélioration des performances environnementales des voitures, qui sont du ressort des constructeurs automobiles. C’est pourquoi « 40 millions d’automobilistes » demande la suppression pure et simple du dispositif.


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