Les Etats-Unis en route vers la récession !!

15 %
15% des Américains pensent que la récession pourrait frapper dès 2022.

Les marchés financiers ne comprennent pas grand-chose et n’anticipent pas grand-chose en réalité. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la day trading ou le trading « journalier » se fait dans un horizon de temps… quotidien, d’une journée. Et une journée de marché ce n’est même pas 24 heures. La bourse de Paris ouvre à 9h00 pour clôturer à 17h30. Quand les traders vous disent qu’ils travaillent beaucoup ils mentent !

Certes, il faut être concentré, mais à 18 heures ils sont déjà partis, et par rapport à un maçon sur un chantier, autant vous dire qu’ils sont physiquement peu éprouvés !

Vous aurez compris que je n’ai pas une grande admiration pour cette profession, mais mes quelques mois passés en salle des marchés d’une grande banque m’ont permis de développer un savoir-faire hors du commun en bataille d’élastiques à travers les desks (bureaux) au bout d’une mine de crayon à papier. J’ai quelques autres restes, mais ce n’est pas le sujet.

Ce que je veux tenter de partager avec vous, c’est que les « marchés » ne comprennent que deux choses. Achat ou vente. Expansion ou récession. En dehors de ces 4 paramètres ils ne pensent pas. S’ils pensent que l’activité est en expansion, vous pouvez mettre du Covid, une guerre, ils achètent sans voir plus loin que le bout de leur nez. Quand ils commencent à comprendre que c’est la récession, alors ils plongent et vendent.

Un trader c’est bête comme choux, carottes, ou tomates. D’ailleurs les marchés, au départ c’était bien pour vendre de la salade, même si maintenant cela permet de raconter des salades.

Il y a quelques jours je vous disais, attention récession en vue, notamment aux Etats-Unis.

Les Etats-Unis rentreront en récession en 2023

Tout le monde semble être au courant, sauf les marchés. Même le Figaro la voit venir. Dans l’article ci-dessous source Le Figaro.fr ici.

La récession aux États-Unis, un scénario qui s’installe

« Depuis les sanctions imposées à la Russie, les Américains ne croient plus que la flambée des prix se dissipera au cours de l’été

L’inflation élevée et le resserrement monétaire pourraient casser la croissance.

Des voix crédibles, de plus en plus nombreuses, annoncent une récession aux États-Unis. Alors que le plein-emploi y règne à nouveau et que le consensus des économistes établit la croissance cette année à près de 3 %, la prédiction paraît bien alarmiste. Selon un sondage, 81 % des Américains voient pourtant ce scénario se matérialiser avant même la fin de l’année.

Voilà des mois que la pire inflation depuis quarante ans réduit leur pouvoir d’achat. Et depuis les sanctions récemment imposées à la Russie, ils ne croient plus que la flambée des prix de l’énergie, des produits alimentaires, des loyers et des transports se dissipera au cours de l’été. En annonçant une longue série de hausses de taux d’intérêt, la Réserve fédérale tente de casser les anticipations inflationnistes qui alimentent une spirale de hausses de salaires, de coûts et de prix. Ses dirigeants maintiennent que la demande et l’embauche sont assez solides pour supporter ces multiples tours de vis ».

On va bien voir la solidité de l’économie et de la croissance américaine, surtout avec une hausse des taux alors que tous les Américains sont des emprunteurs à taux variables contrairement aux Français où nous avons la grande chance d’emprunter à taux fixes.

A cette hausse de taux s’ajoute la hausse des prix de l’énergie.

A ces hausses de l’énergie s’ajoutent l’inflation de manière générale.

Les salaires, eux, restent pour le moment non indexés.

Si tout augmente d’un côté et que les salaires ne sont pas indexés, alors il faut être trader pour ne pas voir que rapidement cela va coincer.

Lorsque les marchés financiers comprendront que nous aurons moins de croissance, moins de mondialisation, moins d’énergie pas chère, moins de tout et donc moins de profits alors ils chuteront lourdement. Voilà pour le moyen-terme.

Quand ils verront que la Chine est fermée sous confinement, alors à court terme ils trembleront et c’est une question de jours.

Les cours du pétrole commencent à chuter alors que c’est la guerre en Ukraine car la Chine s’éteint et sa consommation d’énergie s’effondre.

Mais si la consommation d’énergie chinoise s’effondre, c’est que la production chinoise s’effondre.

Et si la production chinoise s’effondre, nous aurons moins de bidules chinois, moins de ventes, et moins de profits chez nous.

Il faudra encore un peu de temps pour que cela monte aux cerveaux de nos « day-traders » !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.