Vaccins anti-Covid, l'embarras du choix

12 EUROS
Le vaccin Pfizer coûte 12 euros la dose.

AstraZeneca, Johnson & Johnson, Spoutnik mais aussi Novavax, Sanofi-GSK ou encore QazVac... La course aux vaccins contre le Covid-19 a porté ses fruits. Plus de 20 produits ont été créés ou sont en cours de développement. Résultat : la pandémie recule un peu partout dans le monde tandis qu’en France, les vaccins font (quasi) consensus.

On aura entendu toute sorte d’idées reçues sur ces fameux vaccins. Que leur développement a été bâclé, qu’ils peuvent modifier notre code génétique, qu’ils ont entraîné des décès ou encore qu’ils rendent magnétiques... Et pourtant, les Français continuent de se faire vacciner massivement contre le Covid-19. D’après les derniers chiffres, pas moins de 48 millions de personnes ont reçu au moins une dose, parmi lesquelles 16,7 millions sont entièrement vaccinées.

La Belgique figure dans le peloton de tête de l’Union européenne, et le cap des 70% de personnes vaccinées vient d’être atteint. « C’est une très bonne nouvelle et il faut se réjouir de voir la vaccination qui continue et qui s’installe dans tous les groupes d’âge » précise Jean-Michel Dogné, directeur du département pharmacie de l’Université de Namur dans DH Les Sports +.

Le taux des Français vaccinés (2 doses) s’établit à 25 %, contre 10 % dans le monde. De nombreux pays ont par ailleurs débuté ou accéléré leur campagne de vaccination avec les moyens du bord. Face à la menace des variants, Hans Kluge, le directeur régional de l’OMS, appelle les Etats à s'entre-aider pour vacciner plus vite. Rapide tour d'horizon des vaccins existants :

Sinovac, Sinopharm : le vaccin atténué ou inactivé

Mis au point par des laboratoires chinois, ils utilisent la plus ancienne des technologies vaccinales : une version affaiblie ou tuée du virus de la maladie ciblée est administrée afin de déclencher une réponse immunitaire. On parlera de vaccins « atténués » dans le premier cas et de vaccins « inactivés » dans le second. Dans la première catégorie, on trouve notamment les vaccins contre la rougeole, les oreillons, la rubéole, la fièvre jaune et la fièvre typhoïde. Les vaccins contre le tétanos, la diphtérie, la poliomyélite, les hépatites A et B, la grippe, l’encéphalite à tique ou japonaise et la méningite comptent quant à eux parmi les vaccins inactivés les plus célèbres.

QazVac : le Kazakhstan crée la surprise

C’est le vaccin inattendu venu d'Asie centrale, dont l’efficacité observée au terme des deux premières phases d’essai clinique est de 96 %. Développé par l’Institut de recherche sur les problèmes de sécurité biologique (RIBSP) au Kazakhstan, QazVac « nécessite deux doses espacées de trois semaines et peut être stocké dans des réfrigérateurs standards » précise Eurasianet.org. Le premier lot de 50 000 doses a été livré le 22 avril 2021 aux quatre coins du pays, 9ème au monde par sa superficie, et la campagne de vaccination a débuté le 26 avril. La capacité est passée à 100 000 doses par mois depuis le mois de juin, et devrait bientôt atteindre les 600 000 par mois.

Pfizer/BioNTech, Moderna : les vaccins à ARN messager

Ce sont les vaccins disruptifs par excellence. Les vaccins à acides nucléiques font produire directement un fragment de l’agent pathogène par le corps humain. Pour ce faire, ce n’est pas le virus dans sa forme atténuée qui est injecté mais seulement des molécules d’ADN ou d’ARN codant pour des protéines de l’agent pathogène. Les cellules de l’individu vacciné vont créer des protéines spécifiques à un virus, ce qui va permettre au corps humain de détecter cette protéine, de l’identifier et de la combattre.

AstraZeneca, Johnson & Johnson, Spoutnik V : les vaccins à vecteur viral ou recombinants

Ils utilisent une version d’un virus atténué pour donner des instructions, sous la forme d’un code génétique, aux cellules de notre corps. Seulement, contrairement à un vaccin classique, ils utilisent un virus vivant mais rendu inoffensif pour l’homme, auquel on a greffé le code de la protéine contre laquelle on veut induire une immunité. Dans le cas qui nous intéresse ici, il s’agit de la protéine Spike (ou protéine « S »), qui permet au SARS-CoV-2 d’entrer dans les cellules de l’hôte pour les infecter. Lors de la vaccination, le virus rendu inoffensif (en général un adénovirus) « va entrer et délivrer son ADN dans les cellules, lesquelles vont convertir l’ADN du virus en ARN (transcription) puis traduire le message ARN en protéine (traduction). La cellule exprime alors cette protéine d’intérêt (la fameuse protéine S), attire les cellules immunitaires qui vont la reconnaître et ainsi être éduquées pour mémoriser cette protéine et déclencher une réponse immunitaire contre celle-ci », comme l’explique le vaccinologiste Cécil Czerkinsky, directeur de recherche à l’Inserm.

Novavax, Sanofi-GSK : les vaccins à sous-unité protéique

Encore à la phase 3 des essais cliniques, les vaccins sous-unitaires ne contiennent pas de composants vivants de l’agent pathogène, mais uniquement des fragments antigéniques (les molécules propres à un agent pathogène qui seront détectées par le corps humain pour apporter une réponse immunitaire). Dans le cas qui nous concerne, le vaccin va présenter uniquement la protéine S, présente sur la surface du SARS-CoV-2.

Soberana 2, Abdala, Coviran Barakat : les vaccins à venir

Ces vaccins sont sous-unitaires (les cubains Soberana 2 et Abdala) ou inactivés (l’iranien Coviran Barakat). Dans tous les cas, ils représentent un espoir pour de nombreux pays et régions qui peinent encore à vacciner leur population. La production du vaccin iranien pourrait atteindre 12 millions de doses par mois, selon les autorités sanitaires du pays. Les Cubains espèrent quant à eux produire cent millions de doses de Soberana 2 dès cette année, soit cinq fois plus que nécessaire pour leur population totale.

C’est sans doute une bonne nouvelle, alors que les études montrent que la vaccination protège du risque de forme grave de la maladie tout en limitant la transmission du virus. Comme le rappelle le Pr Jean-Daniel Lelièvre, immunologiste et chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Henri-Mondor à Créteil, « pour contrôler cette pandémie, il faut vacciner très largement la population. Ce n'est pas parce que la moitié des adultes sont vaccinés que le virus va arrêter de circuler. Si on veut faire disparaître cette maladie, il faut que 80 à 90 % de la population soit vaccinée ».


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