En proie au vandalisme, Gobee.bike quitte la France

6 500
En quatre mois et demi, Gobee.bike a dû réaliser 6 500 réparations sur
ses vélos dégradés.

Présente en France depuis début octobre 2017, la société hongkongaise de location de vélos courte durée et sans bornes Gobee.bike annonce l’arrêt de son activité en France.

Selon Gobee.bike, 60 % de ses vélos ont été détruits par les usagers

Louer un vélo n’importe où dans la rue et pouvoir le redéposer à la fin de son trajet également n’importe où, le tout pour 50 centimes d’euro, c’était la promesse de la société Gobee.bike, pile au moment où la Ville de Paris entamait le processus douloureux de changement de prestataire du Vélib. L’idée était belle, mais voilà que quatre mois et demi après son lancement en France, Gobee.bike tire sa révérence. En cause : le vandalisme.

« C’est avec tristesse que nous annonçons officiellement la fin du service Gobee.bike en France, prenant effet immédiat le 24 février 2018. […] En quatre mois, 60 % de notre flotte a été détruite, volée ou privatisée. L’ensemble du projet européen n’était donc plus viable », a fait savoir la société sur une page dédiée sur son site Internet. Dans son message d’adieu, la société déplore « un effet domino de dégradations » qui s’est abattu sur sa flotte de vélos. « Des actes de vols, recels de vol et de détériorations qui n’ont fait que s’amplifier », selon le texte de l’annonce.

Gobee.bike tire sa révérence dans le silence le plus total

L’arrêt du service de Gobee.bike s’est fait en catimini : une page annonçant la nouvelle est certes disponible sur son site français, mais aucun lien n’y mène depuis la page d’accueil, cette dernière vantant toujours la caractère innovant du service et affichant le slogan « Une révolution pour vos trajets quotidiens ». Les comptes de Gobee.bike sur les réseaux sociaux ne font pas non plus mention de l’arrêt du service, et le service presse n’a pas diffusé de communiqué à ce sujet.

Sollicité par nos soins un mois après son lancement à Paris pour un premier bilan, Gobee.bike faisait état de seulement « quelques dizaines de vélos privatisés ou dégradés ». Par ailleurs, la société nous assurait que ce chiffre ne cessait de diminuer grâce au « lien direct avec la communauté d’utilisateurs qui remontent ce genre de problème » et à un algorithme qui « repère automatiquement les comportements inhabituels ». Contactée pour un deuxième bilan sur les vols, les dégradations et les privatisations de ses vélos à la mi-décembre 2017, la société n’a pas répondu à notre sollicitation.


A découvrir