L'UE veut « actualiser » les règles de la concurrence

1,49 MILLIARD €
Margrethe Vestager a infligé plusieurs amendes à Google, la dernière,
en mars 2019, d'un montant de 1,49 milliard d'euros.

Changer les règles de la concurrence en Europe pour les adapter au 21e siècle. Le projet pourrait être un échec cuisant, si ce n’était pas la Dame de fer de la Commission européenne, Margrethe Vestager, qui le lance. Celle qui a fait plier Google et Apple s’attaque à ce qui s’annonce comme une réforme majeure au temps de la mondialisation.

Des règles qui datent du siècle dernier

Alors que l’économie est passée au 21e siècle, en particulier grâce à l’économie numérique et la mondialisation, l’Europe, elle, est restée un siècle en retard. C’est le constat de Margrethe Vestager, Commissaire européenne à la Concurrence qui a, depuis cette fin d’année 2019, récupéré le portefeuille du numérique. Une décision logique, l’économie numérique devenant intrinsèquement liée à l’économie réelle.

La Commissaire veut donc « réexaminer les outils que nous utilisons pour faire respecter les règles de concurrence », a-t-elle expliqué le 9 décembre 2019 lors d’une conférence à Bruxelles. « Le temps est venu d’actualiser ces règles » car elles ne sont plus du tout adaptées. La dernière grande réforme de la concurrence en Europe date de 1997… et à l’époque, seuls deux des GAFAM existaient : Apple et Microsoft… et ils ne vendaient que des ordinateurs.

Amazon venait de naître comme petite librairie en ligne, le géant a été fondé en 1996, et les fondateurs de Google, Sergey Brin et Larry Page, n’ont lancé le moteur de recherche que l’année suivante, dans un garage. Quant à Mark Zuckerberg, il avait 17 ans et ne créera la première version de Facebook que dix ans plus tard.

Une réforme pour prendre en compte le numérique

Or, Margrethe Vestager a bien conscience que ces nouveaux acteurs, avec leur dématérialisation et leur optimisation fiscale, posent problème aux règles de concurrence pensée en 1997. « Des changements tels que la mondialisation et la numérisation font que de nombreux marchés fonctionnent différemment de ce qu'ils étaient il y a 22 ans. »

Un travail qui s’annonce compliqué, chaque État voulant tirer son épingle du jeu, en particulier les États qui ont proposé des conditions fiscales avantageuses à ces géants. On pense à l’Irlande, notamment, ou au Luxembourg.


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