Visite du président ouzbek en France : de juteux contrats à la clé

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L'Ouzbékistan est un pays dont le PIB affiche un joli 7% de
croissance.

La visite officielle du président de l'Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, a permis la signature de contrats avec Total, Vinci, Suez, Thales Alenia Space, la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement et l’Agence Française de Développement. On parle de 800 millions d’euros pour financer des projets d’investissement en Ouzbékistan. L'occasion de redécouvrir ce pays en pleine perestroïka.

Le président ouzbèke, Shavkat Mirziyoyev, a engagé une « perestroïka » dans son pays

La France est le premier pays européen que visite le nouveau président de l'Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev. Celui-ci est reçu avec les honneurs dûs à un chef d'Etat par son homologue français, Emmanuel Macron. Élu en décembre 2016 après 26 ans de présidence de l’ancien dirigeant Islam Karimov, Shavkat Mirziyoyev a engagé ce que d'aucuns qualifient de « perestroïka » ouzbèke. Sur tous les plans et au forceps, le président réforme un pays de 31 millions d'habitants, dont les fleurons économiques étaient trop longtemps restés aux mains du clan de son prédécesseur et de ses affidés - au premier rang desquels Roustam Inoïatov, le chef de la Sécurité d'Etat. Celui-ci a été poussé vers la sortie, de même qu'un grand nombre de fonctionnaires de différentes administrations.

D'inspiration clairement libérales, les réformes entreprises par Shavkat Mirziyoyev se déploient dans tous les secteurs : économique, avec la convertibilité de la monnaie nationale, le soum, la consolidation du système bancaire, une vague de privatisations et une amélioration sensible du climat des affaires afin d'attirer les investisseurs étrangers dans un pays dont le PIB affiche un joli 7% de croissance ; agricole - l'Ouzbékistan est l'un des premiers producteurs de coton au monde -, en diversifiant les cultures ; diplomatique, en amorçant un inédit rapprochement avec les voisins enserrant le pays, avec lesquels les relations étaient glaciales sous l'ère Karimov.

Un véritable dégel ouzbek se manifeste au niveau des droits de l'Homme. Plusieurs prisonniers politiques ont été libérés. Les ONG internationales, comme Human Right Watch ou le Comité international de la Croix Rouge sont de nouveau bienvenues en Ouzbékistan. Le pays, où le travail forcé des enfants, adolescents et étudiants dans les champs de coton est une tragique réalité, a également ouvert ses portes à l'Organisation internationale du travail (OIT), avec laquelle il coopère étroitement.

L'Ouzbékistan aura donc entrepris en un an et demi davantage de réformes économiques et sociétales qu'il n'en a connues en 25 ans. Le moment semble donc propice pour les visiteurs et touristes de le redécouvrir, car il ne manque pas d'atouts, de la mythique Route de la soie aux mausolées de Samarcande, en passant par les bazars de la capitale, Tachkent. D'autant plus que le niveau sécuritaire en Ouzbékistan est tout à fait satisfaisant, les autorités faisant par ailleurs de gros efforts pour promouvoir un islam modéré.

De nombreuses opportunités pour les entreprises françaises

La visite de Shavkat Mirziyoyev en France est l'occasion pour notre pays de nouer de nouvelles relations commerciales avec l'Ouzbékistan. Deuxième économie d'Asie centrale, le pays est riche en matières premières. Il pourrait même devenir bientôt un géant gazier incontournable dans la région, les autorités ouzbèkes visant les 66 milliards de mètres cubes d'ici 2020. Si la majeure partie de la production est destinée au marché intérieur, les exportations vers la Russie vont bon train, principalement du fait de la présence sur le territoire ouzbek de mastodontes comme Lukoil et Gazprom.

A l'heure où Moscou s'inquiète de voir l'Ouzbékistan s'ouvrir aux pays occidentaux, les entreprises françaises ont donc leur carte à jouer. On sait déjà que Bouygues et la Banque nationale d’Ouzbékistan (NBU) ont signé un accord de coopération pour la mise en œuvre de projets touristiques pour un montant de 100 millions d’euros. On pense également à Orano (ex-Areva), qui aurait des vues sur l'uranium à bas coût dont on a découvert de nouveaux gisements dans le pays, qui fournit déjà les Etats-Unis. Ou Veolia, qui a déjà raflé la rénovation des systèmes d'approvisionnement en eau et en chauffage de Tachkent. On sait enfin qu’ont été signés des contrats avec Total, Vinci, Suez, Thales Alenia Space, la Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement et l’Agence Française de Développement. On parle de 800 millions d’euros de financement de projets d’investissement en Ouzbékistan. Une coopération renouvelée donc entre la France et l’Ouzbékistan, qui est devenu en peu de temps un nouveau partenaire stratégique pour l’Hexagone ainsi que pour l’Europe.


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