Des analyses un peu plus rigoureuses en 2014, pour des actions plus efficaces

Malgré la hausse de 17 800 chômeurs en Novembre 2013 le gouvernement
maintient que l'inversion de la courbe du chômage est là.

La terre a refait un tour complet autour du soleil selon les règles d'une belle mécanique céleste ordonnée à la seconde près. Ce n'est pas le cas de nos mécanismes économiques qui affichent depuis 5 ans quelques dérèglements évidents. Alors pour essayer de remettre un peu d'ordre dans nos esprits et nos machines, et en particulier celles qui font fonctionner l'économie française, je vais formuler quelques vœux pour cette nouvelle année 2014.

1 - Un peu plus de rigueur dans l'analyse. Je souhaite que le gouvernement fasse preuve d'un peu plus de rigueur dans l'analyse des indicateurs macroéconomiques. Par exemple le ministre de l'emploi soutient qu'il y a bien eu une inversion de la courbe du chômage en décembre, tout simplement en prenant les moyennes mensuelles trimestre par trimestre. Le problème est qu'il a osé faire une moyenne sur un 4ème trimestre incomplet en le comparant aux précédents. Grave erreur arithmétique ! Alors un peu plus de rigueur dans l'interprétation des chiffres Mrs les ministres.

2 - Un changement d'échelle. Le gouvernement a beaucoup de difficultés avec les chiffres et les ordres de grandeur. Que de micro-mesures, de nombreuses taxes, pour dénicher quelques centaines de millions d'euros ! Mrs les ministres, changez d'échelle, et appliquez un facteur 10, voire un facteur 100. Ce sont des dizaines de milliards d'euros qu'il faut trouver pour réduire les déficits, et quelques centaines si on veut commencer à rembourser la dette. Alors ne raisonnez plus avec des petites mesures de faible ampleur, qui ne produiront que de tous petits effets insignifiants.

3 - Remise à plat intelligente de la fiscalité. Ne mettez pas 5 ans Mr le premier ministre pour faire aboutir une telle réforme, évidemment nécessaire. La fiscalité aurait tout le temps de se complexifier à un rythme plus accentué que la simplification annoncée. Deux ans me paraissent être un maximum pour qu'elle soit crédible et efficace. Mais au fait, ne devait-il pas y avoir une simple stabilité fiscale pour offrir un horizon dégagé à nos entreprises ? C'est bien ce qui dit l'Elysée ?

4 - Retour de l'autorité de l'état. J'aimerais voir des dirigeants qui retrouvent une certaine autorité, la compagne incontournable d'une cohérence politique. Une ligne politique, un cap, ne peut être maintenu si tout un chacun crie plus fort que les autres pour se faire entendre et faire reculer le gouvernement, avec ce risque de détruire la cohérence initiale. Autorité aussi, au sein de l'éducation nationale, pour que les classes soient des lieux d'acquisition de connaissances et de savoirs, de développement de l'esprit critique, et non pas des substituts d'autorité ou d'éducation parentale.

5 - Lucidité sur la croissance future! J'aimerais entrevoir un peu de lucidité dans les yeux de nos dirigeants à propos de cette croissance qui ne revient pas, et arrêtons de prier pour qu'elle se manifeste. Depuis les années 1960, chaque décennie passée est marquée par une baisse de 1 point en moyenne du niveau de croissance (On est passé de 5 à 6% lors des trente glorieuses à moins de 1% en moyenne ces 10 dernières années (certes, il y a la crise !). La croissance pénalisée par tout un ensemble de facteurs, excluant encore le remboursement de la dette (imaginez le jour où on décide de commencer à rembourser!), va probablement rester faible ces prochaines années. Alors, prenons en acte, évitons d'élaborer des plans à long terme pour nos régimes de retraite, basés sur de fausses hypothèses. Adaptons nos politiques en conséquence, en évitant d'aller chercher la croissance avec les dents comme le disait notre ancien président (on risque de se les abimer pour rien !).

Voilà, je demande juste de remettre un peu de bon sens dans un monde politique qui semble en avoir un peu perdu.


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Alain Desert

Ingénieur en informatique, Alain Desert a longtemps travaillé sur des plates-formes grands systèmes IBM où il a eu l'occasion de faire de nombreuses études de performances. Il est un adepte de l'approche systémique.