Vous pourrez bientôt payer par carte bancaire dès le 1er euro

86 %
86 % des Français considèrent les espèces comme le moyen de paiement
numéro un.

C’est à croire que le ministre des Finances, Michel Sapin, n’affectionne guère la monnaie sonnante et trébuchante. Un comble ! Pour limiter l’utilisation des espèces, et encourager les règlements dématérialisés par carte bancaire, le gouvernement veut permettre aux consommateurs de régler leurs achats par carte bancaire dès le 1er euro.

Cash or card ?

Pourtant, les Français raffolent du cash et 86 % d’entre eux le considèrent toujours comme le moyen de paiement numéro un, selon un sondage Ifop ! Las, le ministre a réaffirmé son objectif ce lundi 1er février, à l'issue de sa réunion avec le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui réunit les représentants des banques, des assurances et des consommateurs : permettre aux citoyens de régler leurs achats par carte bancaire dès le 1er euro.

Les petits commerçants sont souvent réticents à l’idée d’accepter la carte bancaire pour de tous petits montants. Pour la simple et bonne raison que cela a un coût pour eux !

Un manque à gagner pour les banques

En effet, les banques prennent leur commission au passage. Mais le montant fixe de cette commission interbancaire liée au paiement a été supprimé le 9 décembre 2015, et la partie variable a baissé de 0,28 %, en moyenne, du montant de la transaction, à 0,23 %.

Le gouvernement avait déjà trouvé un autre moyen pour lutter contre le cash : en mars, le plafond des paiements en espèces a déjà été abaissé de 3 000 à 1 000 euros. Et ce, afin de lutter contre le financement du terrorisme et la fraude fiscale.

Reste que les banques ont déjà anticipé la baisse de ces commissions, et le manque à gagner qui en résultera (600 millions d’euros environ). Elles ont encore augmenté notamment le prix des cartes bancaires (+ 1,25 % en moyenne en 2015, selon une enquête de l'Observatoire des tarifs bancaires du Comité consultatif du secteur financier).

Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.