Dry January : comment les Alcooliques Anonymes s’impliquent

Le Dry January s’installe désormais comme un rendez-vous majeur de santé publique. Pour la première fois, les Alcooliques Anonymes s’y associent pleinement, notamment à travers des témoignages forts et une présence renforcée auprès du grand public. L’objectif : expliquer, accompagner, mais aussi rappeler que l’alcool n’est pas anodin et que l’abstinence, même temporaire, peut transformer la relation à la consommation.

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By Adélaïde Motte Published on 2 janvier 2026 11h22
Dry January Comment Les Alcooliques Anonymes Simpliquent
Dry January : comment les Alcooliques Anonymes s’impliquent - © Economie Matin

En ce mois de janvier, la campagne Dry January occupe à nouveau l’espace public. Elle invite chacun à suspendre totalement la consommation d’alcool pendant trente jours. Cette année, les Alcooliques Anonymes s’associent à cette dynamique : l’initiative prend ainsi une nouvelle dimension, puisque ce mouvement international d’entraide, historiquement centré sur les personnes dépendantes, s’adresse plus largement au grand public. Leur participation éclaire autrement ce Dry January : elle rappelle que l’alcoolisme n’est jamais une anecdote et que l’abstinence peut servir, au minimum, de révélateur. En France, plusieurs millions de personnes avaient déjà participé à l’édition précédente, et la mobilisation s’intensifie.

Dry January : une campagne grand public, mais désormais enrichie par l’expérience des Alcooliques Anonymes

Le Dry January est une campagne née au Royaume-Uni avant de s’imposer en France comme une initiative de santé publique destinée à inciter, pendant un mois, à l’arrêt total de l’alcool. Cette campagne repose sur une idée simple : réduire, pendant trente jours, toute consommation, afin d’évaluer sa place dans le quotidien. Dès lors, elle s’adresse aussi bien à ceux qui consomment ponctuellement qu’à ceux qui boivent régulièrement. En outre, elle intervient dans un pays où les conséquences sanitaires de l’alcool restent importantes. D’ailleurs, la participation progresse : plus de 4,5 millions de personnes ont pris part au Dry January en France l’an dernier, selon des données reprises récemment par la presse nationale. Ce chiffre témoigne d’un intérêt sociétal réel pour ce mois sans alcool et, surtout, d’une volonté d’évaluer collectivement les comportements.

Or, cette année, la campagne prend un relief nouveau car les Alcooliques Anonymes s’y associent activement. Concrètement, ils participent à la sensibilisation, multiplient les travaux d’explication et partagent des témoignages. Chaque intervention rappelle que l’alcool n’est pas seulement une boisson culturelle ou festive : il peut devenir un fardeau, un risque médical, social et économique. Le mouvement pèse dans la discussion : son histoire, son expérience, sa connaissance intime des trajectoires d’alcoolisme permettent de nourrir différemment ce Dry January. Par conséquent, l’initiative dépasse la simple idée d’un défi personnel : elle devient un moment de prise de conscience collective.

Les Alcooliques Anonymes, une parole directe pour éclairer le Dry January

Les Alcooliques Anonymes portent, depuis des décennies, une parole directe : celle de personnes qui ont vécu la dépendance. Ce discours, particulièrement fort pendant le Dry January, permet de remettre l’alcool au cœur d’un véritable enjeu de santé publique. Ainsi, plusieurs témoignages soulignent la réalité de la dépendance : « L’alcool est usurier, il vous rend un service qu’il vous fait payer très cher », explique par exemple un membre du mouvement dans une récente campagne. À travers ce type de témoignage, le Dry January gagne une profondeur humaine supplémentaire : il ne s’agit plus seulement de « tenir » un mois, mais bien de comprendre pourquoi ce mois compte.

En outre, ces témoignages rappellent un autre point essentiel : sortir de la dépendance n’est jamais simple, ni instantané. « Personne ne sort seul de l’alcoolisme », rappelle l’une des spécialistes interviewées dans le cadre de cette même campagne. Cette phrase résume parfaitement le rôle des Alcooliques Anonymes pendant le Dry January : accompagner, soutenir, expliquer. Le mouvement rappelle que l’arrêt de l’alcool, pour certains, n’est pas un simple exercice temporaire, mais un enjeu vital. Dans ce contexte, le Dry January peut servir de déclencheur : un mois d’abstinence peut révéler une dépendance latente ou, au contraire, permettre à certains consommateurs de mesurer leur rapport au produit, tout en bénéficiant d’un discours clair et crédible.

Une mobilisation structurée pour accompagner, informer et mettre en perspective la consommation d’alcool

La participation des Alcooliques Anonymes au Dry January ne se limite pas à un soutien symbolique. Elle s’incarne dans des actions concrètes, comme la diffusion de témoignages quotidiens et la mise en avant de parcours de vie marqués par l’alcoolisme. Ces récits de personnes abstinentes depuis plusieurs années donnent au Dry January une dimension plus concrète, presque pédagogique : ils montrent ce que l’alcool peut briser, mais également ce que l’abstinence peut reconstruire. De plus, ils répondent à une difficulté souvent observée : de nombreuses personnes sous-estiment encore leur consommation réelle et ses effets, que ce soit sur la santé, la vie familiale ou la vie professionnelle.

Par ailleurs, cette mobilisation arrive dans un contexte où la consommation française d’alcool reste élevée par rapport à de nombreux autres pays, tandis que les conséquences sanitaires, sociales et économiques demeurent lourdes. Dès lors, associer les Alcooliques Anonymes au Dry January permet de faire le lien entre prévention générale et accompagnement des situations les plus sévères. Le mouvement ne cherche pas à moraliser : il incite à l’évaluation personnelle, tout en rappelant que l’alcoolisme est une maladie, qu’elle s’installe souvent insidieusement et qu’elle nécessite parfois une aide extérieure. Entre démarche volontaire de courte durée et abstinence sur le long terme, il existe un continuum que ce Dry January, enrichi par l’expérience des AA, contribue à mieux faire comprendre au grand public.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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