À l’heure où la pollution de l’air devient une priorité nationale, de nombreuses communes françaises prennent des mesures strictes : les feux de cheminée sont désormais proscrits dans plusieurs départements. Votre ville figure-t-elle sur la liste ? Voici ce que dit la réglementation.
Votre cheminée est-elle encore autorisée ? Voici les nouvelles règles 2026

Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles mesures concernant l’usage des cheminées ont été instaurées dans plusieurs régions françaises. Cette évolution réglementaire, justifiée par des enjeux de santé publique et de protection de l’environnement, vise à limiter l’usage des foyers ouverts et des équipements vétustes. Le chauffage au bois, longtemps prisé pour son confort et son faible coût, fait désormais l’objet d’une surveillance renforcée dans de nombreux départements.
Quels départements interdisent les cheminées à foyer ouvert ?
Les habitants de l’Isère sont les premiers concernés par l’extension des restrictions en matière de cheminée. Depuis le 1er janvier 2026, les feux en foyers ouverts y sont prohibés dans 174 communes, notamment au sein des zones soumises au Plan de protection de l’atmosphère. Cette mesure complète une interdiction partielle déjà en place depuis octobre 2024 dans Grenoble Alpes Métropole, Le Grésivaudan et le Pays Voironnais, comme l’a rapporté l’éditorial de SeLoger.
La préfecture iséroise a précisé que cette décision vise à « réduire significativement les émissions de polluants liées au chauffage au bois ». En d’autres termes, les habitants de ces zones doivent abandonner les cheminées traditionnelles non performantes, souvent responsables de rejets massifs de particules fines.
L’interdiction ne se limite pas à l’Isère. D’autres territoires, confrontés à des niveaux préoccupants de pollution hivernale, adoptent des mesures similaires. La vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, a été pionnière dans cette démarche : dès le 1er janvier 2022, 41 communes y ont interdit les foyers ouverts. Une initiative que d’autres collectivités ont suivie, à commencer par Saint-Étienne Métropole, qui regroupe 53 communes, et qui a adopté la même mesure en avril 2025.
Quelles communes seront concernées d’ici la fin 2026 ?
La tendance se confirme : de plus en plus de zones urbaines et périurbaines vont renforcer leur réglementation sur le chauffage au bois. 690 communes pourraient être touchées par des interdictions totales ou partielles des foyers ouverts d’ici la fin de l’année 2026. Cette projection se base sur les plans d’amélioration de la qualité de l’air en cours d’élaboration dans de nombreuses régions françaises.
À Lille, par exemple, les autorités ont prévu de bannir l’utilisation des cheminées ouvertes dans l’ensemble de la Métropole. « Il ne sera plus possible d’utiliser une cheminée à foyer ouvert dans toute la Métropole de Lille, soit sur 95 communes, qu’il s’agisse d’un chauffage principal ou d’appoint », indique Chauffage-Bois Magazine.
Il faut noter que les dispositifs les plus anciens sont particulièrement visés. En effet, certaines zones interdisent également les appareils datant d’avant 2002, jugés trop polluants. Les feux de cheminée décoratifs, souvent prisés en hiver, sont également concernés dans plusieurs municipalités.
Les réglementations varient néanmoins en fonction des territoires et des plans de protection de l’air (PPA) en vigueur. En Île-de-France, par exemple, l’usage des foyers ouverts est déjà limité depuis plusieurs années, notamment à Paris intra-muros et dans sa proche banlieue. Comme le rappelle PAP.fr, ces restrictions s’appliquent aussi bien aux habitants qu’aux professionnels du secteur immobilier, contraints d’informer leurs clients.
Pourquoi interdire les cheminées traditionnelles ?
Au cœur de cette politique se trouvent les préoccupations environnementales et sanitaires. Les foyers ouverts rejettent jusqu’à 10 fois plus de particules fines qu’un insert moderne ou un poêle certifié. Or, ces particules sont particulièrement nocives pour les voies respiratoires, accentuant les risques de maladies chroniques, notamment chez les enfants et les personnes âgées.
Les autorités locales mettent en avant l’importance de ces mesures pour atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale sur la qualité de l’air. De plus, l’Union européenne impose des normes strictes sur la pollution atmosphérique, incitant les États membres à adopter des dispositifs coercitifs.
Toutefois, des dispositifs d’aide au remplacement des appareils de chauffage sont mis en place dans certaines régions. Le Fonds Air Bois, par exemple, permet de bénéficier d’une subvention pour remplacer un foyer ouvert par un poêle labellisé, plus performant et moins émissif. Cela montre que l’interdiction n’a pas uniquement une visée punitive, mais s’inscrit aussi dans une logique d’accompagnement des habitants.