Le parc éolien de Dieppe-Le Tréport avance

Le parc éolien offshore de Dieppe-Le Tréport a franchi une étape majeure avec l’installation de sa première turbine le 11 juin 2026. Après neuf heures de transfert depuis Le Havre, le mât, la nacelle et les pales ont été assemblés en mer. D’ici fin 2026, les 62 éoliennes du parc alimenteront 850 000 personnes en électricité durable.

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By Cédric Bonnefoy Published on 16 juin 2026 15h10
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Le parc éolien de Dieppe-Le Tréport avance - © Economie Matin
496 MWHLa puissance du parc éolien doit atteindre 496 MWH

Le parc éolien offshore de Dieppe-Le Tréport franchit une étape décisive avec l'installation de sa première turbine

Le développement de l'éolien en mer franchit un nouveau cap sur les côtes normandes. Le 11 juin 2026, la première des 62 turbines du parc offshore de Dieppe-Le Tréport a été mise en place au large de la Seine-Maritime, marquant une avancée significative pour ce projet de 496 mégawatts. Après neuf heures de transfert depuis le port du Havre, le mât, la nacelle et les pales ont été assemblés en mer par le navire installateur Vole au Vent, un bâtiment de 140 mètres équipé d'une grue capable de lever 1 500 tonnes.

L'installation complète du parc est attendue pour la fin de l'année 2026, sous réserve de conditions météorologiques favorables. Une fois opérationnel, il fournira une quantité d'électricité correspondant à la consommation de 850 000 personnes, soit environ deux tiers de la population de la Seine-Maritime. Le pilotage du chantier est assuré par la société Éoliennes en mer Dieppe-Le Tréport (EMDT), filiale d'Ocean Winds, qui avait remporté l'appel d'offres de l'État français en juin 2014.

Un chantier naval d'envergure porté par des acteurs majeurs

Le navire Vole au Vent, battant pavillon luxembourgeois et exploité par l'armement belge Jan de Nul, joue un rôle central dans cette phase d'installation. D'après Mer et Marine, ce jack-up autoélévateur peut charger les composants de quatre éoliennes complètes par voyage, soit quatre mâts, quatre nacelles et douze pales. Ses quatre pieds permettent au navire de se stabiliser en pleine mer, résistant aux vents et aux vagues pendant les opérations délicates de levage.

La fabrication des turbines SG 8.0-167 de Siemens Gamesa s'inscrit dans une logique industrielle largement localisée. Les nacelles sortent intégralement de l'usine havraise du turbinier allemand. Deux tiers des pales sont également produits au Havre, le dernier tiers provenant de Chine pour répondre aux contraintes de développement de Siemens Gamesa et respecter les délais du projet. Quant aux tronçons de mâts, ils sont fabriqués à Bilbao en Espagne, équipés à Brest, puis assemblés au Havre avant leur transfert en mer.

Plus de la moitié des fondations déjà installées

Selon EMDT, 54 des 62 fondations nécessaires au projet sont déjà en place. Ces structures sous-marines, ancrées dans les fonds marins, constituent la base sur laquelle viendront se fixer les mâts et turbines. L'installation de ces fondations, opération préalable indispensable, témoigne de l'avancement significatif du chantier. Seules huit fondations restent à installer au large de Dieppe et du Tréport, selon les informations relayées par Actu.

Parallèlement, la première campagne d'installation des 90 kilomètres de câbles inter-éoliennes, destinés à raccorder les machines entre elles et à la sous-station électrique, doit s'achever fin juin 2026. Une deuxième campagne débutera en septembre pour finaliser le réseau de distribution. La sous-station elle-même, fabriquée par Chantiers de l'Atlantique, a été installée durant l'été 2025. Le système de raccordement au réseau terrestre a été livré par Nexans à RTE en début d'année 2026.

Des tests rigoureux avant l'injection des premiers électrons

L'installation d'une éolienne en mer suit un protocole précis : le mât, déjà assemblé dans le port, est levé en premier, suivi de la nacelle contenant la génératrice et les systèmes de contrôle, puis des trois pales. Chaque turbine sera ensuite soumise à une série de tests techniques avant son lancement définitif. Les éoliennes seront mises en service progressivement, permettant d'injecter les premiers kilowattheures sur le réseau dans les prochaines semaines, bien avant la fin du chantier.

L'ensemble des turbines devrait être installé d'ici septembre 2026. Ocean Winds, joint-venture réunissant EDP Renewables et Engie, mise sur une mise en service complète avant la fin de l'année. Le groupe développe également les parcs éoliens offshore des îles d'Yeu et Noirmoutier, récemment achevé, ainsi que deux projets au large des côtes de l'Hérault et de l'Aude.

Un enjeu économique et énergétique pour la Normandie

Le parc de Dieppe-Le Tréport s'inscrit dans la stratégie française de développement des énergies renouvelables en mer. Avec une capacité installée de 496 MW, il représente un investissement industriel majeur et un levier économique pour la région Normandie. L'usine Siemens Gamesa du Havre emploie des centaines de personnes et participe à l'essor d'une filière éolienne offshore française encore jeune mais prometteuse.

La production attendue, équivalente à la consommation de 850 000 habitants, contribuera à la décarbonation du mix électrique national. Elle intervient dans un contexte où la France cherche à diversifier ses sources d'approvisionnement énergétique et à réduire sa dépendance aux énergies fossiles. Le parc participera également à la sécurisation de l'approvisionnement électrique régional, notamment lors des pics de consommation hivernaux.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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