Le leasing social 2026 enregistre 34 000 demandes en deux mois et demi, confirmant l’accélération du dispositif d’aide d’État permettant aux ménages modestes de louer des véhicules électriques à partir de 140 euros par mois. Avec un objectif de 50 000 bénéficiaires et une aide pouvant atteindre 9 500 euros par dossier, le coût public s’élève à 475 millions d’euros minimum, soulevant la question de la soutenabilité budgétaire face au succès croissant du programme.
Leasing social : le gouvernement annonce que 34.000 demandes ont été déposées

Depuis son lancement le 16 juillet 2026, le leasing social en France connaît un succès notable avec 34 000 demandes en à peine deux mois et demi. Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, a salué le succès de cette troisième édition le 22 septembre. Ce dispositif ne se limite pas à la transition énergétique : chaque dossier approuvé engage potentiellement l'État à hauteur de 9 500 euros d'aide. Atteindre l'objectif de 50 000 bénéficiaires signifierait une charge pour les finances publiques d'au moins 475 millions d'euros.
34 000 demandes en deux mois et demi : une accélération confirmée
Le ministre a rapporté que cette année, le leasing social a déjà enregistré 34 000 demandes, un chiffre qui montre une nette accélération par rapport aux éditions précédentes. Lors des deux dernières années, le plafond de 50 000 dossiers avait été atteint sur toute l'année. En 2026, 68 % de cet objectif sont déjà atteints en seulement 10 semaines. L'Argus souligne un succès supérieur à celui des précédentes éditions, ce qui indique une meilleure adoption par les ménages visés.
Avec 16 000 dossiers encore à traiter, atteindre l'objectif gouvernemental de 50 000 véhicules électriques loués semble réaliste d'ici la fin de l'année. Roland Lescure a affirmé : « Nous permettons à nos concitoyens de passer à l'électrique ». Avec environ 13 600 demandes mensuelles, le dispositif pourrait rapidement être saturé. Les acteurs financiers et les constructeurs doivent gérer ce flux tout en respectant les exigences réglementaires de Bercy.
Impact budgétaire : 475 millions d'euros minimum par édition
Chaque bénéficiaire du leasing social peut recevoir jusqu'à 9 500 euros d'aide publique. L'aide de base est de 6 500 euros, avec des majorations possibles de 2 500 euros si la batterie et le véhicule sont fabriqués en Europe, et de 500 euros supplémentaires si le moteur électrique est également produit en Europe. Cette aide est directement déduite du premier loyer, facilitant l'accès au véhicule sans apport initial. Si tous les véhicules respectent les critères de production européenne, le coût pourrait atteindre 475 millions d'euros pour 50 000 bénéficiaires.
Le loyer mensuel est plafonné à 200 euros, hors assurance et options. Les constructeurs doivent proposer au moins un modèle à 140 euros par mois ou moins. Sur une période de trois ans, les ménages paient entre 5 040 et 7 200 euros, comparé à un achat neuf valant entre 25 000 et 35 000 euros. Les économies sur l'énergie, comparée au carburant fossile, varient entre 800 et 1 200 euros par an pour 15 000 kilomètres. Ainsi, les ménages modestes conservent leur pouvoir d'achat tout en accédant à la technologie électrique. Les ventes de voitures électriques ont atteint un nouveau record en août, soulignant une tendance positive.
Critères d'accès et profil des demandeurs
Pour être éligible, le revenu fiscal de référence par part doit être inférieur ou égal à 16 880 euros. Le dispositif cible les ménages ayant un besoin professionnel de mobilité : trajets domicile-travail de plus de 10 kilomètres ou usage professionnel de plus de 8 000 kilomètres par an. Ces critères excluent les foyers urbains ayant des alternatives de transport, concentrant l'aide sur les zones périurbaines et rurales où la voiture est indispensable. Le bénéficiaire type est souvent un salarié modeste, devant effectuer de longs déplacements quotidiens, propriétaire d'un véhicule thermique ancien et coûteux à entretenir.
Le contrat impose une durée minimale de trois ans et un forfait de 15 000 kilomètres par an sans coût supplémentaire. Une option d'achat en fin de contrat permet aux bénéficiaires de devenir propriétaires du véhicule. Les modalités de rachat sont fixées dès la signature, transformant l'aide en un tremplin vers la propriété. Les organismes de financement doivent aussi intégrer les coûts d'assurance et d'entretien, souvent sous-estimés par les demandeurs. Un véhicule neuf sur quatre en Europe est désormais électrique, reflétant la transformation du marché automobile.
Le leasing social en France prouve qu'une politique publique ciblée peut accélérer la transition énergétique tout en soutenant le pouvoir d'achat des ménages modestes. Les 34 000 demandes enregistrées confirment l'efficacité du dispositif. Reste à voir si l'administration et l'industrie peuvent absorber les 16 000 dossiers restants sans être submergées. La question du financement durable de ce programme après 2026 demeure posée.
