Le Gouvernement a fait des gestes attendus envers les entrepreneurs, sur la transmission comme sur la fiscalité. Il prélève cependant bien davantage sur ce qui compte bien plus : 3,7 milliards d’euros pris aux entreprises qui associent leurs salariés à leurs résultats, au moment même où l’inflation repart à la hausse et où la croissance stagne. CroissancePlus demande le retrait de cette mesure avant qu’elle n’entraîne la France dans une spirale sociale inquiétante.
Budget 2027 : les 3,7 milliards d’euros d’économies qui peuvent se révéler bien plus couteuses

CroissancePlus se félicite des engagements tenus. Le pacte « Papin » pour la reprise d'entreprise par les salariés, la préservation du pacte Dutreil, la baisse de la surtaxe d'impôt sur les sociétés, le suramortissement en faveur de la modernisation industrielle et le principe du « silence vaut accord » face à l'administration fiscale figurent dans les textes budgétaires. CroissancePlus les a demandés, les a soutenus publiquement à plusieurs reprises et les défendra pendant le débat parlementaire. Ce sont des avancées nécessaires, sur des sujets importants. Il aurait toutefois été avisé de préserver ce qui fait le cœur de la croissance des entreprises et de leur lien avec leurs salariés.
Sur ce point essentiel, le projet de budget intègre désormais l'intéressement, la participation et l'abondement dans le calcul des allègements de charges, pour des recettes estimées à 3,7 milliards d'euros. Une entreprise qui verse de l'intéressement ou de la participation à ses salariés verra ses allègements diminuer, et certains de ses salariés en sortiront complètement. Après avoir renoncé en septembre à taxer directement l'épargne salariale, face à l'opposition conjointe des employeurs et des syndicats, le Gouvernement en fait payer le prix à l'entreprise par un détour technique. Le partage de la valeur, que l'État prétend encourager depuis des années, devient une pénalité pour ceux qui le pratiquent. Il reste au cœur des combats de CroissancePlus.
Alors que le Gouvernement prévoit lui-même 0,5 % de croissance en 2026, que l'inflation atteint 2,4 % sur un an en août et que le taux de pauvreté est à un niveau historique, l'intéressement et la participation comptent parmi les rares leviers qui permettent d'améliorer la situation des salariés. Les pénaliser maintenant, c'est accepter le risque d'accélérer le sentiment de déclassement des travailleurs.
Nous soutenons le Gouvernement pour les mesures en faveur de la transmission et de l'investissement. Mais on ne peut pas demander aux entrepreneurs de partager davantage avec leurs salariés et les sanctionner dès qu'ils le font : avec ce budget, l'entreprise qui verse de l'intéressement paiera plus de charges que celle qui n'en verse pas. Le partage de la valeur, c'est l'ADN de CroissancePlus. Nous porterons ce combat devant chaque groupe parlementaire.
