Près de 3,5 milliards de dollars d’investissements en capital fixe sur les huit premiers mois de 2026, de vastes zones économiques spéciales et un portefeuille de projets qui approche 12 milliards de dollars : Astana entend faire de son développement urbain un levier d’attractivité pour les entreprises. Industrie, logistique et services structurent désormais cette ambition.
Astana, l’ambition économique d’une capitale en pleine expansion

Avec 1,69 million d’habitants, Astana a atteint une taille qui modifie la nature même de son économie. La capitale kazakhe ne se développe plus uniquement autour de ses fonctions institutionnelles : elle étoffe sa base industrielle, agrandit ses infrastructures logistiques et investit dans les services nécessaires à l’installation durable des entreprises.
Les chiffres donnent la mesure du mouvement. Entre janvier et août 2026, les investissements en capital fixe ont atteint 1.500 milliards de tenges, soit environ 3,48 milliards de dollars. Sur la même période, la production industrielle s’est élevée à 2.810 milliards de tenges, près de 6,34 milliards de dollars. La construction résidentielle représente par ailleurs 4,81 millions de mètres carrés, signe d’une métropole dont l’expansion économique accompagne la croissance urbaine.
Astana Invest recense aujourd’hui 698 projets pour un montant supérieur à 11,9 milliards de dollars, associés à plus de 34.000 emplois. La part concentrée dans les zones économiques spéciales est déjà considérable : 272 projets, plus de 6,9 milliards de dollars d’investissements et plus de 19.000 emplois.
Le foncier industriel comme avantage compétitif
L’offre faite aux investisseurs repose d’abord sur des capacités d’implantation à grande échelle. Astana dispose de deux zones économiques spéciales, Astana – New City et Astana – Technopolis. La première s’étend sur plus de 15.400 hectares et comprend un parc industriel de près de 600 hectares. La seconde couvre 2.526 hectares et abrite notamment un nouveau parc industriel de 433 hectares, dont le développement doit se poursuivre jusqu’en 2042.
Ce deuxième parc donne une idée des secteurs que la capitale souhaite attirer. Plus d’une centaine de projets y sont envisagés, dans la pharmacie, la verrerie, l’informatique, les équipements électriques ou les machines industrielles, pour un volume d’investissement supérieur à 800 millions de dollars. Un parc logistique de 223 hectares, représentant plus de 272 millions de dollars de projets, et une zone agro-industrielle de 87 hectares complètent cet ensemble.
La politique d’attractivité ne repose toutefois pas sur le foncier seul. L’Astana Development Center fonctionne comme un guichet unique chargé d’accompagner les investisseurs dans leurs démarches avec la municipalité et les différentes administrations. Le dispositif peut inclure des aides en nature sous forme de terrains, de bâtiments ou d’équipements.
Les zones économiques spéciales ouvrent en outre droit, selon les régimes applicables, à plusieurs avantages fiscaux et douaniers ainsi qu’à des procédures simplifiées pour le recours à de la main-d’œuvre étrangère. Pour une entreprise internationale, cet accompagnement institutionnel constitue un élément à part entière de l’offre d’implantation.
La logistique comme secteur d’entraînement
Parmi les priorités retenues par la ville, la logistique occupe une place particulière. L’Astana Development Center suit 102 projets dans la logistique et l’entreposage, pour 652,4 millions de dollars. L’industrie et la construction représentent de leur côté 46 projets pour près de 309 millions de dollars. Ozon et Wildberries apparaissent dans la logistique, tandis qu’Alstom est associé à un centre de maintenance de locomotives. Le portefeuille comprend également un projet de production de boissons porté par Coca-Cola Almaty Bottlers.
Le ferroviaire constitue déjà l’un des socles industriels de la capitale. Astana Invest mentionne parmi les projets réalisés une usine de locomotives, une unité consacrée aux locomotives électriques et un site de construction de voitures ferroviaires exploité par Stadler Kazakhstan.
D’autres filières prennent forme. Tiryaki Agro développe ainsi une usine de transformation avancée du blé, pour un investissement annoncé d’environ 312 millions de dollars. Dans la logistique, le complexe multifonctionnel The Light of the Silk Road représente quelque 65,5 millions de dollars. L’enjeu, pour Astana, est de disposer d’une base productive suffisamment diversifiée pour accompagner la croissance du marché kazakh tout en accueillant des groupes internationaux sur des segments à plus forte valeur ajoutée.
Une attractivité qui se joue aussi hors des zones industrielles
L’installation des entreprises dépend aussi de la qualité de l’environnement urbain qu’elles trouvent sur place. Astana consacre à ce titre des investissements importants à l’éducation, à la santé et aux équipements collectifs. Le portefeuille éducatif suivi par l’Astana Development Center atteint 557,9 millions de dollars pour 65 projets. Il comprend des écoles internationales, des établissements spécialisés et plusieurs infrastructures d’enseignement supérieur.
Parmi les opérations les plus significatives figure un campus étudiant de 170,12 millions de dollars porté par Astana IT University. Plusieurs écoles internationales sont également mentionnées, dont Kazakhstan International School, Spectrum International School et SABIS International School – Astana. La santé et le sport participent de la même politique d’équipement : 22 projets médicaux représentent 178,5 millions de dollars et 35 projets sportifs, 123,8 millions.
Ces investissements répondent à une question très concrète pour les entreprises étrangères : non seulement où produire ou distribuer, mais aussi dans quel environnement installer leurs équipes, recruter des compétences et développer une activité dans la durée.
Astana cherche ainsi à réunir les composantes d’une place d’affaires complète : foncier industriel, infrastructures logistiques, dispositifs d’accompagnement et services urbains. Pour la capitale kazakhe, l’enjeu n’est plus seulement de croître, mais de convertir cette croissance en capacité d’accueil pour les investisseurs. Avec près de 12 milliards de dollars de projets recensés, cette ambition a désormais une profondeur industrielle et financière qui dépasse largement le seul statut institutionnel de la ville.
