Si le port de la ceinture de sécurité est obligatoire à l’arrière des véhicules depuis 1990, une étude IFOP pour Volvo publiée cette semaine révèle qu’un Français sur cinq reconnaît ne pas l’attacher systématiquement lorsqu’il est assis sur une place arrière, un comportement qui oblige pourtant à s’interroger sur l’efficacité réelle des campagnes de sécurité routière dans l’Hexagone.
Ceinture de sécurité : 21 % des Français négligent encore le port à l’arrière

Une étude IFOP réalisée pour le constructeur automobile Volvo, le 14 janvier, souligne un paradoxe dans les comportements des automobilistes français. Malgré une obligation légale en vigueur depuis 36 ans, l’usage de la ceinture de sécurité à l’arrière reste en deçà des attentes et des risques encourus, selon des résultats dévoilés cette semaine.
Le constat : un port général mais des lacunes à l’arrière
Dans l’ensemble, le réflexe du port de la ceinture de sécurité est aujourd’hui largement intégré par les Français. Selon l’étude IFOP–Volvo, 96 % des Français affirment que mettre leur ceinture est devenu un réflexe lors de leurs déplacements en voiture. Ce taux élevé témoigne d’une adoption massive du dispositif de sécurité, qui reste un élément essentiel pour réduire les risques de blessures en cas d’accident.
Pourtant, lorsque l’on se concentre sur les comportements des passagers arrière, les résultats montrent des fragilités persistantes. Plus d’un Français sur cinq, soit 21 % des personnes interrogées, reconnaissent ne pas attacher leur ceinture de façon systématique lorsqu’ils sont assis sur une place arrière. Autre chiffre significatif, 13 % des passagers omettent parfois de s’attacher sur de courts trajets. Ces chiffres, bien que déclaratifs, sont une indication claire que certains automobilistes perçoivent encore à tort l’arrière comme une zone de moindre risque, notamment sur de courtes distances.
Comprendre le comportement des passagers arrière
L’étude met en avant plusieurs explications aux comportements observés sur les sièges arrière. Les passagers concernés estiment souvent qu’être éloignés du pare‑brise ou que la présence des sièges avant les protégera suffira à réduire le danger en cas d’accident. Cette perception erronée peut s’expliquer par une sous‑estimation du rôle réel de la ceinture de sécurité à l’arrière, pourtant conçue précisément pour éviter les projections violentes en cas de choc.
Ces attitudes s’inscrivent dans un contexte où les campagnes de prévention ont surtout mis l’accent, historiquement, sur le port de la ceinture à l’avant. En France, l’obligation du port à l’avant remonte à 1979, avant même son extension aux places arrière en 1990. Ce décalage temporel, ainsi que l’habitude acquise de s’attacher à l’avant, a sans doute contribué à ancrer plus profondément ce réflexe à l’avant qu’à l’arrière.
L’impact réel du non‑port sur la sécurité routière
Les données de l’étude IFOP complètent ce tableau en rappelant que l’inobservance de l’obligation de la ceinture de sécurité peut avoir des conséquences graves. En 2022, selon les chiffres présentés, 24 % des personnes tuées sur les routes en France ne portaient pas de ceinture de sécurité, soit 351 personnes. Ce chiffre, bien qu’issu d’un rapport plus ancien, met en lumière le lien direct entre absence de ceinture et mortalité routière.
À l’international, l’efficacité de ce dispositif est documentée par des organismes spécialisés : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le port de la ceinture de sécurité peut réduire le risque de décès de 40 % à 65 % pour les passagers avant et de 25 % à 75 % pour les passagers arrière lors d’un accident. Ainsi, l’oubli ou le refus d’attacher sa ceinture constitue un facteur aggravant, surtout dans les collisions à haute énergie.
Une obligation légale et des sanctions en place
Le cadre réglementaire français est clair : le port de la ceinture de sécurité est obligatoire aussi bien à l’avant qu’à l’arrière des véhicules. Cette obligation est inscrite dans le code de la route depuis plusieurs décennies et vise à protéger tous les occupants d’un véhicule, quel que soit leur siège. Le non‑respect de ce dispositif expose le conducteur, mais aussi les passagers, à des sanctions. En pratique, le non‑port est aujourd’hui passible d’une amende forfaitaire de 135 euros.
Par ailleurs, le conducteur a la responsabilité de s’assurer que tous les passagers mineurs à bord sont correctement attachés. Cette extension de responsabilité vise notamment à renforcer le contrôle du respect des règles, y compris à l’arrière, où une part significative des oublis est constatée.
Une prise de conscience généralement élevée malgré tout
Malgré ces lacunes, l’étude montre que l’adhésion à l’obligation du port de la ceinture de sécurité est aujourd’hui très majoritaire parmi les Français. 95 % des personnes interrogées se déclarent favorables à cette obligation en toutes circonstances. Ce chiffre est nettement plus élevé qu’à l’origine de la législation. Lors des débats sur l’instauration du port obligatoire, seuls 65 % des Français y étaient favorables. Cette évolution s’inscrit dans une dynamique de longue durée où la sécurité a progressivement été intégrée comme un élément fondamental du comportement au volant.
De surcroît, 90 % des personnes disent attacher systématiquement leur ceinture lorsqu’elles sont assises à l’avant, et 83 % déclarent contrôler que tous les passagers sont attachés avant de démarrer. Ces chiffres suggèrent que, si des efforts restent nécessaires pour renforcer le réflexe à l’arrière, la conscience des enjeux est globalement présente.
Les défis spécifiques des trajets courts
Un autre aspect mis en avant par l’étude concerne les trajets courts, où la vigilance peut être moindre. 13 % des personnes indiquent ne pas toujours attacher leur ceinture à l’arrière lors de trajets de courte durée. Cette attitude, souvent justifiée par la brièveté du parcours, est pourtant risquée.
Les données de sécurité routière montrent que les accidents peuvent survenir à tout moment, même à faible distance du point de départ. Ainsi, l'argument de la « courte distance » ne devrait pas exonérer les passagers de l’obligation de s’attacher.
