Covid-19 : le grand retour cet hiver 2026-2027 ?

Entre le 14 et le 20 septembre 2026, les consultations pour suspicion de Covid-19 ont explosé de 76 % en France, selon Santé publique France. Cette recrudescence précoce interroge la capacité du système de santé à gérer ces vagues répétées sans grever davantage les finances publiques, alors que les urgences enregistrent une hausse de 67 % chez les adultes et que les professionnels réclament l’avancement de la campagne vaccinale prévue pour le 13 octobre.

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By La rédaction Published on 28 septembre 2026 7h16
Covid-19 : la France face au risque d’une nouvelle vague cet automne
Covid-19 : le grand retour cet hiver 2026-2027 ? - © Economie Matin
425 MILLIARDS €Le coût total de la pandémie de Covid-19 est évalué à 425 milliards d'euros pour la France.

La France pensait avoir intégré le Covid-19 parmi les virus saisonniers, mais la flambée de cas en septembre 2026 ravive les inquiétudes des professionnels de santé et soulève la question des coûts pour les finances publiques. Entre le 14 et le 20 septembre, les consultations pour suspicion de Covid-19 ont bondi de 76 %, selon le bulletin hebdomadaire de Santé publique France.

Une reprise précoce qui perturbe le système sanitaire

Le réseau SOS Médecins a enregistré 390 actes supplémentaires tous âges confondus durant la semaine du 14 au 20 septembre, soit une augmentation de 76 %, indiquant un retour du virus plus rapide qu'anticipé. Le professeur Imad Kansau, infectiologue à l'hôpital Antoine-Béchère de Clamart, confirme : « On note une augmentation. On a commencé à détecter dans les eaux usées. C'est là où on a commencé à voir un peu plus la quantité de virus augmenter. On note depuis deux semaines une augmentation ». La surveillance en eaux usées d'Île-de-France révèle des niveaux comparables à ceux d'octobre 2024, signe d'une circulation virale intense.

En parallèle, les pathologies respiratoires hautes progressent de 24 % (+6 074 actes) et les syndromes grippaux de 53 % (+1 265 actes). Cette pression croissante sur les structures de premier recours a des répercussions directes sur les coûts de fonctionnement, chaque consultation mobilisant des ressources humaines et matérielles. En 2025, le coût moyen d'une consultation SOS Médecins s'élevait à 75 euros, auxquels s'ajoutent les éventuels examens complémentaires.

Les implications financières pour l'État et le secteur santé

Face à cette recrudescence, les pharmaciens demandent d'avancer la campagne de vaccination prévue pour le 13 octobre. Pierre-Olivier Variot, président de l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine, plaide : « Il faut qu'on puisse vacciner en amont pour ceux qui le veulent et commencer la campagne plus vite ». Anticiper la vaccination implique toutefois des coûts logistiques considérables : réapprovisionnement accéléré des doses, mobilisation des professionnels de santé, communication renforcée envers le public.

En 2025, la campagne de vaccination conjointe grippe et Covid-19 avait coûté près de 800 millions d'euros, incluant l'achat des vaccins, la rémunération des vaccinateurs et les frais de distribution. Avancer le calendrier pourrait entraîner des surcoûts liés aux ruptures de planning et à la nécessité de mobiliser des stocks supplémentaires. Le secteur pharmaceutique, lui, anticipe une hausse de la demande, avec des répercussions potentielles sur les marges et les prix négociés avec l'État.

Vers un modèle économique durable pour le Covid-19

La détection précoce du virus dans les eaux usées se révèle un outil précieux pour anticiper les vagues épidémiques. L'Île-de-France, où les niveaux observés rejoignent ceux d'octobre 2024, illustre l'efficacité de cette surveillance. Cependant, généraliser ce dispositif à l'ensemble du territoire nécessite des investissements conséquents : équipements de prélèvement, laboratoires d'analyse, personnel qualifié. Le coût estimé d'un réseau national de surveillance en eaux usées avoisine 50 millions d'euros annuels.

Cette dépense pourrait néanmoins s'avérer rentable. Anticiper une vague permet d'ajuster les stocks de vaccins, de renforcer les équipes soignantes et d'éviter les hospitalisations coûteuses. Comme le soulignent les experts, la prévention reste moins onéreuse que la gestion de crise. Reste à convaincre les décideurs publics d'allouer ces budgets dans un contexte de rigueur budgétaire.

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