Le crédit à la consommation connaît une transformation profonde en France. Longtemps associé à une contrainte financière, il s’impose désormais comme un levier structurant du budget des ménages et un moteur discret mais puissant de la consommation.
Crédit à la consommation : 42% des Français en ont un

Selon l’étude publiée par Cofidis et CSA Research, le crédit à la consommation s’inscrit désormais dans les stratégies financières des ménages, bien au-delà d’un simple recours ponctuel. Dans un contexte de tension inflationniste récente et de recomposition du pouvoir d’achat, les Français adaptent leurs arbitrages. Ils empruntent, mais différemment. Plus rationnellement. Et surtout, plus sereinement.
Le crédit à la consommation : une normalisation progressive
Le premier enseignement est quantitatif. Le crédit à la consommation concerne désormais une part importante de la population. En effet, 42 % des Français détiennent au moins un crédit en cours, selon l’étude Cofidis publiée en mars 2026. Un niveau inédit depuis 2020, qui confirme une diffusion large de cet outil dans les pratiques économiques.
Dans le même temps, le montant moyen emprunté s’élève à 15 460 euros. Ce chiffre témoigne d’un usage structurant du crédit, souvent associé à des projets d’ampleur. Le crédit n’est plus marginal, il devient un pilier du financement domestique.
Plus encore, la perception évolue nettement. Ainsi, 62 % des Français considèrent désormais le crédit comme utile pour financer des projets, toujours selon Cofidis. Ce basculement est majeur. Il traduit une mutation culturelle. Le crédit n’est plus perçu comme un signal de fragilité, mais comme un outil d’optimisation.
Budget des ménages : une gestion plus stratégique de l’argent
Contrairement à certaines idées reçues, le recours au crédit ne s’accompagne pas d’un sentiment d’insécurité financière. Bien au contraire. Selon l’étude, 89 % des emprunteurs se disent sereins quant au remboursement de leurs mensualités. Et 81 % affirment rembourser sans difficulté.
Cette confiance repose sur une gestion budgétaire plus rigoureuse. En effet, 42 % des détenteurs déclarent faire davantage attention à leurs dépenses depuis la souscription d’un crédit. Le crédit agit ici comme un mécanisme de discipline financière.
Cette évolution est particulièrement marquée chez les jeunes. Ceux-ci adoptent des comportements prudents, anticipant leurs capacités de remboursement. Le crédit devient alors un outil de pilotage du budget, et non une dérive.
Cette transformation est résumée par Mathieu Escarpit, directeur marketing de Cofidis, qui affirme que « les résultats de cette nouvelle édition confirment une évolution positive du regard des Français sur le crédit ». Il ajoute que « le crédit est de plus en plus perçu comme un levier utile pour financer des projets de vie ». Ainsi, le crédit s’inscrit désormais dans une logique de gestion maîtrisée. Les ménages arbitrent entre épargne, dépenses et financement externe. L’argent est piloté avec plus de finesse.
Crédit et nouveaux usages de consommation : l’essor des facilités de paiement
Parallèlement, les modalités d’accès au crédit évoluent rapidement. Les facilités de paiement, notamment le paiement fractionné, connaissent une forte progression. 52 % des consommateurs y ont recours, selon l’étude Cofidis. Ce phénomène est encore plus marqué chez les jeunes, avec un taux d’usage atteignant 71 %. Le paiement en plusieurs fois devient une norme, intégrée directement dans l’acte de consommation.
Le montant moyen engagé via ces dispositifs atteint 781 euros. Ce niveau, en hausse, montre que ces solutions ne se limitent plus aux petits achats. Elles financent désormais des dépenses plus importantes. L’électroménager arrive en tête, suivi de l’automobile et des travaux de rénovation énergétique. Le crédit accompagne des dépenses structurantes du quotidien et les enseignes intègrent ces solutions pour soutenir la demande.
Crédit à la consommation : quelles régions en ont le plus ?
L’étude met également en lumière des disparités régionales. L’Île-de-France affiche un taux de détention de crédit de 49 %, tandis que les Hauts-de-France atteignent 48 %. À l’inverse, la Bretagne se situe à 34 %, selon Cofidis. Les montants empruntés varient également fortement. Le Centre-Val de Loire atteint un niveau moyen de 24 000 euros, contre seulement 9 000 euros dans les Hauts-de-France.
De plus, les profils d’emprunteurs tendent à se diversifier. Les jeunes représentent 33 % des détenteurs. Les catégories socioprofessionnelles supérieures sont également très présentes, avec 39 % des emprunteurs. Le crédit à la consommation ne concerne plus uniquement les ménages en difficulté. Il s’adresse à des profils installés, souvent propriétaires et épargnants. D’ailleurs, 80 % des détenteurs possèdent un livret A, selon Cofidis. Le crédit coexiste avec l’épargne. Il ne la remplace pas. Il la complète.
