Croissance solide pour Thales, portée par la demande mondiale
Mardi 23 juillet, le groupe Thales a publié ses résultats financiers pour le premier semestre 2025. Loin de ralentir, la croissance s’accélère dans un environnement géopolitique toujours instable. Mais cette performance, aussi robuste soit-elle, ne dissipe pas certains signaux d’alerte.
La croissance du chiffre d’affaires propulsée par la défense
Portée par une demande accrue en systèmes de défense et de cybersécurité, la croissance du chiffre d’affaires de Thales atteint 10,26 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 8,1 % par rapport à la même période de 2024. Ce résultat s’inscrit dans une trajectoire ascendante, confirmant la place centrale du groupe sur les marchés internationaux.
Selon le communiqué officiel publié le 23 juillet 2025, cette dynamique s’explique principalement par les segments Défense & Sécurité et Aéronautique. Le carnet de commandes du groupe atteint désormais 50 milliards d’euros, en augmentation de 7 %. Dans un monde marqué par des tensions sécuritaires persistantes, le positionnement stratégique de Thales dans les radars, les communications militaires sécurisées et la cybersécurité alimente cette dynamique.
Une rentabilité en nette amélioration, malgré des freins
Le bénéfice d’exploitation ajusté (EBIT) a grimpé à 1,25 milliard d’euros, soit une marge opérationnelle de 12,2 % contre 11,5 % un an plus tôt. Cette amélioration traduit une meilleure maîtrise des coûts et une montée en gamme de l’offre. Le résultat net part du groupe s’établit à 664 millions d’euros, en hausse de 12 %, malgré un prélèvement exceptionnel sur l’impôt sur les sociétés évalué à 60 millions d’euros, selon Le Figaro.
« Les prises de commandes continuent d'enregistrer une solide dynamique », déclarait Patrice Caine, président-directeur général de Thales, cité par Option Finance.
Mais un revers se cache dans les chiffres. Les prises de commandes ont reculé de 17 % pour s’établir à 10,35 milliards d’euros, un chiffre largement affecté par le décalage de certains grands contrats internationaux. Le ratio book-to-bill (commandes enregistrées par rapport au chiffre d’affaires) chute ainsi à 0,69, un niveau inférieur à la barre symbolique de 1, ce qui traduit une croissance tirée davantage par l’exécution que par le renouvellement.
Une réaction boursière négative malgré des résultats supérieurs aux attentes
Malgré cette croissance confirmée et des résultats supérieurs aux anticipations du marché, la Bourse n’a pas salué la performance. L’action Thales a enregistré une baisse à la clôture du 23 juillet, comme le souligne BFMBourse.
Cette réaction illustre les attentes élevées des investisseurs face à un secteur où l’anticipation pèse plus lourd que la performance comptable. Le cash-flow libre opérationnel, pourtant robuste à 499 millions d’euros (contre -85 millions au premier semestre 2024), n’a pas suffi à compenser l’effet négatif du recul des prises de commandes.
Perspectives annuelles relevées, mais vigilance maintenue
Thales a relevé ses objectifs pour l’ensemble de l’exercice 2025. Le groupe table désormais sur un chiffre d’affaires compris entre 21,8 et 22 milliards d’euros, soit une croissance organique prévue entre 6 % et 7 %, selon son communiqué officiel. Cette révision reflète la confiance du groupe dans sa capacité à tenir la cadence.
Cependant, cette ambition reste conditionnée à la concrétisation de plusieurs contrats stratégiques attendus au second semestre. Le PDG a confirmé que la signature prochaine d’une commande britannique pour un système de défense aérienne de 1,16 milliard de livres sterling devrait renforcer le carnet de commandes.
Thales affiche alors une croissance solide, un résultat net en hausse, une rentabilité renforcée et une trésorerie assainie. Pourtant, la baisse des commandes et la prudence des marchés financiers rappellent que dans l’économie de la défense, la robustesse des bilans ne garantit pas l’enthousiasme des investisseurs. L’enjeu pour le groupe sera de transformer sa dynamique industrielle en une stabilité commerciale durable, dans un contexte géopolitique aussi incertain que porteur.

