L’emploi en France c’est devenu du n’importe quoi ? 

Deux catégories de personnes sont au point de vue emploi totalement à l’opposé : 

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By Daniel Moinier Published on 23 janvier 2026 5h00
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L’emploi en France c’est devenu du n’importe quoi ?  - © Economie Matin
14,49%En France, 14,49 % des 15-29 ans n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation en 2025.

Les « NEET », ces jeunes qui restent sur le carreau, sans emploi, ni à l’école, ni en formation et de l’autre des retraités travaillant à qui on voudrait « faire cracher au bassinet » comme pour les empêcher de continuer de travailler. 

Les 15-29 ans, désinsérés scolairement et professionnellement, représentent près de 15 % des jeunes en France. Un pourcentage plus élevé que la moyenne européenne, dans le viseur des politiques. 

En France, 14,49 % des 15-29 ans n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation en 2025.  

On en connaît tous : le fils du voisin qui n’est jamais retourné à l’école après la 3e et vivote chez ses parents, une petite-cousine diplômée qui ne trouve pas de boulot, un ami des enfants qui tente une formation ici et là sans jamais trouver son idéal et beaucoup d’autres qui après diplôme en main partent faire le tour du monde ou vont vivoter loin de la France.  Ces jeunes, de 15 à 29 ans, sans boulot et loin de l’école, ont même un nom dans le jargon des statisticiens : des « NEET », pour « not in education, employment or training » (ni en emploi, ni en études, ni en formation). 

« Longtemps, pour comptabiliser le chômage des jeunes, on a compté tous les inactifs d’une catégorie d’âge, mais ce taux n’était pas pertinent car certains n’étaient pas disponibles pour travailler, comme les étudiants par exemple », explique l’économiste Bernard Gazier, expert du travail.  

Il est vrai que les lois pour les seniors ne leur ont pas facilité la tâche et surtout celle de 1982 imposant des départs à 60 ans. Immédiatement le taux d’emploi s’est effondré puisque 5 années de moins d’activité pour environs 3 millions de salariés, c’est énorme, les finances publiques, la Sécurité Sociale, l’Assedic ne s’en sont jamais remises, encore plus difficilement avec la forte augmentation des prélèvements qui ont atteint 23% pour les salariés, sans compter celle des employeurs. 

Ces importantes augmentations de charges ont eu raison de beaucoup d’entreprises qui ont soit délocalisé ou fermé boutique, provoquant un désert industriel de nos campagnes et pas que… 

Pour éteindre la grogne et minimiser nos classements européens concernant la pauvreté, les créations d’aides sociales ont fleuri notamment le RMI/RSA, les logements sociaux et j’en passe.... 

Ce qui a complètement aggravé la situation ce sont les préretraites anticipées et mêmes les accords d’entreprises allant même au-delà, avec des départs jusqu’à 50 ans. 

Suite à cela, l’embauche des jeunes a fortement diminué (près de 30% de taux de chômage) et pour cause, ce que presque personne ne sait et notamment tous nos politiques et dirigeants : 

EXPLICATION : 

Chaque senior qui part trop tôt en retraite (moins de 65 ans) fait perdre la valeur de 3,5 jeunes embauchés, (voir le calcul ci-dessous), cause principale du chômage très élevé des jeunes. 

     

  • 1 personne qui part en retraite      = 1 de salaire (de 60 ans env) 
  •                                                                       = 1 de charges (salariées et employeur) 
  •                                                                       = 0,7 de pension payée 
  • Soit :                                                            = 2,7 de perdu 
  •  
  • 1 jeune entre 20/25ans                      = 0,40 de salaire  
  •                                                                        = 0,40 de charges (S+E) 
  • Soit                                                               = 0,80 
  • 2,7 par rapport à 0,80                          = 3,375   c'est à dire plus de 3 jeunes embauchés 

pour ne pas y perdre en PIB, pouvoir d'achat, charges, impôts… 

       Si l'on rajoute les pertes de pouvoir d'achat et impôts supplémentaires : 

  • + 35% de revenus en moins (différence salaire/pension) 
  • + 40% d'impôts en moins (idem) 
  • On arrive donc à près de 4 jeunes non embauchés 
  • Si l’on voulait simplement garder le même niveau de PIB, pouvoir d’achat….il faudrait embaucher 4 jeunes (20 à 25 ans) à chaque départ de retraité pour être simplement à égalité. (ce qui ne serait même pas suffisant pour ne plus être en dette, avec du chômage) 
  • Chaque départ empêche donc, environ 3/4 jeunes embauchés. (Ou équivalent           financier) 

         Sans prendre en compte la perte de savoir-faire moins mesurable.   

 

Autre constat :  A chaque 2 salariés licenciés, 1 autre va pointer au chômage dans les 3 mois suivant. 

              L’inverse est vrai dans l’autre sens : Avec l’embauche de 2 chômeurs, c’est un autre qui trouve              un emploi sous trois mois. 

 

En Europe, nous avons le plus faible taux d’emploi des seniors. 

Si avec les 35 heures, nous avons augmenté notre productivité horaire (nous sommes passés dans les tous premiers mondiaux) pour la productivité globale, nous n’avons cessé de perdre du terrain. Nous sommes passés à la 25ème place et même 29ème depuis 2017. Ce n’est pas la peine de travailler à fond une heure, si nous en faisons beaucoup moins que les autres. 

 

Le rattrapage productif par heure a beaucoup augmenté le pessimisme, le stress, la consommation de médicaments, notamment anxiolytiques, les dépressions, les suicides et nous sommes même devenus le champion des animaux de compagnie.  

Un niveau se situant dans les premiers mondiaux. 

 

Tableau des pertes annuelles dans l’économie française depuis la mise en place de la retraite à 60 ans (au lieu de 65) en 1982 (200 Mds depuis 2017 retraite à 62 ans) 

 

   

 

 

Départs en      retraite 

 Moyen/an   Total /an    en Mds €  Depuis 1983 jusqu’en 2017 et  

200 Mds ensuite 

        Sur 1 an  Sur 5 ans 
  Salaires    42000  21420000000  21,42  107,10 
 Charges S et E    27300  13923000000  13,92  69,60 
 Retraites payées  510000  15500  7905000000  7,91  39,55 
 Perte pouvoir d’achat  510000  26500  13515000000  13,51  67,55 
 Perte d'impôts  510000  1200  612000000  0,61  3,05 
 Perte de TVA  510000  21200  x 20%  1,95  9,75 
 TOTAL des pertes dans   l'économie en Mds d'euros          296,60 

 

Depuis cette loi de 1982 et celle de 2000 (35 heures) la France augmente inexorablement son endettement quelques soit les nouvelles dispositions prises. 

Au contraire, nos dirigeants n’ont fait qu’aggraver les déficits, car pour ne pas mécontenter la « grogne » et rester dans des standards sociaux internationaux, nos gouvernants ont tout fait pour avoir un taux de pauvreté acceptable, c’est ainsi que les aides sociales n’ont pas arrêté d’être votées. 

La plus importante, la création du RMI par Michel Rocard en 1988 passé RSA qui est devenu l’une des principales charges des départements (de 100.000 familles à plus de 2 millions)  

Il existe actuellement plus de 400 aides. Elles représentent plus de 850 Mds d’euros (4500 Mds au niveau mondial) par an (gestion comprise) soit 57% des dépenses nationales et 33% du PIB. 1er pays en Europe. 

C’est-à-dire qu’il ne reste plus que 43% du budget national pour gérer la France !!! 

Impossible de répondre ainsi à tous les besoins fonctionnels courants de gestion d’un pays. 

Actuellement, la défense nationale aurait besoin d’importants investissements qui ne pourront se réaliser qu’en empruntant et en augmentant la dette. Ce n’est qu’un exemple. 

 Quel parti osera proposer pour 2027 un programme incluant une relance par l’augmentation des temps de travail et d’activité ? Seul remède à l’équilibre des comptes, voire plus si l’on veut diminuer la dette. 

Les Allemands l’on fait pourquoi pas la France ? 

 

www.danielmoinier.fr 

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Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C. Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.

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