Éolien et solaire : le scandale des 100 milliards que le gouvernement refuse de voir

La Cour des comptes révèle un dérapage financier majeur : 110 milliards d’euros consacrés aux énergies renouvelables. Malgré ces alertes, le gouvernement accélère cette politique avec la PPE3, imposée par décret sans débat démocratique.

Cropped Favicon Economi Matin.jpg
By Jean-Louis Butré Published on 20 mars 2026 10h07
Cours Compt2
Éolien et solaire : le scandale des 100 milliards que le gouvernement refuse de voir - © Economie Matin
110 MILLIARDS €110 milliards d’euros, c’est plus qu’une année entière du budget de l’Éducation nationale.

Derrière les politiques dites d’« énergies renouvelables », la Cour des comptes met au jour une dérive financière majeure. En dépit de ces constats, le gouvernement a fait le choix, avec la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) adoptée par décret, d’accélérer cette fuite en avant, engageant la France dans une spirale incontrôlable au détriment des contribuables et des consommateurs, sans véritable débat démocratique.

Il ne s’agit plus d’un débat. Il s’agit d’un scandale d’État.

La Cour des comptes vient de confirmer ce que beaucoup dénonçaient depuis des années : la politique de soutien à l’éolien, au solaire et au biogaz est devenue une machine à engloutir l’argent public. 26,3 milliards d’euros ont déjà été dépensés, et 84 milliards restent à venir. Près de 110 milliards d’euros au total. Et pourtant, rien ne change. A titre de comparaison « 110 milliards d’euros, c’est plus qu’une année entière du budget de l’Éducation nationale. »

Dans le même temps, le gouvernement a adopté par décret la Programmation pluriannuelle de l’énergie — qui engage dans la même direction la France pour les décennies à venir. Un texte structurant, aux conséquences incommensurables, imposé sans véritable débat démocratique. Une décision qui interroge profondément sur le respect des règles institutionnelles et de la transparence publique.

Une machine à dépenser hors de contrôle

Pendant des années, on nous a expliqué que ces subventions étaient temporaires, nécessaires, maîtrisées. C’était faux.

Les mécanismes mis en place – contrats garantis sur vingt ans, compensations automatiques – ont créé une dette invisible, incontrôlable et entièrement supportée par les Français. Aujourd’hui, la réalité éclate : près de 11 milliards d’euros dès 2025, une dépendance totale aux fluctuations des marchés, une absence totale de pilotage budgétaire.

Quel autre secteur bénéficierait d’un tel chèque en blanc ?

Une politique énergétique devenue absurde

Le plus grave est ailleurs. La France n’est pas un pays dépendant du charbon. Elle dispose déjà d’une électricité largement décarbonée grâce au nucléaire. Malgré cela, le gouvernement persiste dans une logique aberrante : multiplier des milliers d’éoliennes supplémentaires, bétonner les côtes avec des parcs offshore hors de prix, couvrir le territoire de panneaux solaires et de méthaniseurs, pour produire une électricité intermittente, instable, qui oblige ensuite à dépenser encore davantage pour maintenir l’équilibre du système. Nous ne sommes plus dans une politique énergétique. Nous sommes dans une fuite en avant technocratique

Le contribuable et le consommateur pris en otage

Ce système n’a qu’une variable d’ajustement : le contribuable et le consommateur. « Quand les prix de marché chutent, il paie. Quand les dispositifs dérapent, il paie. Quand les erreurs s’accumulent, il paie encore. Et demain, avec la PPE3, il paiera beaucoup plus ». Car ce décret PPE3 prévoit d’accélérer encore massivement cette trajectoire : doublement du parc éolien terrestre, explosion de l’éolien en mer, extension continue du solaire et du biogaz. Autrement dit : institutionnaliser le dérapage.

Un entêtement qui interroge

Comment expliquer un tel aveuglement ? Comment justifier que, face à une alerte aussi claire de la Cour des comptes, aucune remise en cause sérieuse ne soit engagée ? Comment accepter qu’un choix aussi lourd de conséquences ait été imposé par décret, sans véritable débat démocratique ? À ce niveau, il ne s’agit plus d’erreur. Il s’agit d’un entêtement politique aux conséquences potentiellement irréversibles.

Stopper maintenant, ou payer pendant des décennies

Il existe encore une fenêtre d’action. Mais elle se referme rapidement. Chaque nouvel appel d’offres, chaque nouveau parc, chaque nouveau contrat signé engage la France pour vingt ans supplémentaires. C’est maintenant qu’il faut agir : abrogation immédiate de la PPE3, moratoire sur les nouveaux projets éoliens et solaires, audit complet et public de l’ensemble des engagements financiers, réorientation vers une politique énergétique pilotable, cohérente et soutenable.

Une responsabilité historique

L’histoire jugera sévèrement ceux qui auront ignoré les signaux d’alerte. Car ce qui se joue n’est pas seulement une question énergétique. C’est une question de souveraineté, de finances publiques, d’avenir — ou de déclin — de la France, et de vérité vis-à-vis des Français. La Cour des comptes a parlé. Les faits sont établis. Les montants sont connus. Les risques sont documentés.

Dès lors, continuer dans cette trajectoire ne relève plus de l’erreur d’appréciation. Cela pose désormais la question de la responsabilité de ceux qui décident, au premier rang desquels le Président de la République, ainsi que les gouvernements successifs qui ont engagé et poursuivi ces choix. Car nul ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Engager la France pour des décennies dans des décisions aussi lourdes de conséquences, en pleine connaissance de cause, est de nature à appeler, le moment venu, des comptes — politiques, mais aussi au regard des principes fondamentaux de responsabilité publique qui fondent notre État de droit.

C’est pourquoi persister ne serait pas seulement une erreur. « Ce serait une faute majeure — et l’Histoire, elle, ne prescrit jamais. ».

Cropped Favicon Economi Matin.jpg

Ingénieur Physicien Expert Énergie et ancien PDG entreprises Président de la Fédération Environnement Durable (1750 associations de toutes les régions de France) Président d'EPAW, plateforme européenne contre les éoliennes industrielles

No comment on «Éolien et solaire : le scandale des 100 milliards que le gouvernement refuse de voir»

Leave a comment

* Required fields