Faillites d’entreprises en 2025 : quand l’exception devient la norme pour les TPE… avant de s’étendre à tout le tissu économique

Les premiers chiffres publiés sur les défaillances d’entreprises en 2025 confirment une nouvelle année noire pour le tissu économique français, avec un niveau record de faillites, touchant très majoritairement les TPE, les indépendants, les commerçants et les artisans.

Marc Sanchez (1)
By Marc Sanchez Published on 8 janvier 2026 6h37
dette publique faillite france
dette publique faillite france - © Economie Matin
3,4%Les faillites d'entreprises ont augmenté de 3,4% en 2025.

Pour le Syndicat des Indépendants et des TPE (SDI), cette situation n’est ni conjoncturelle ni accidentelle. Elle est le résultat direct d’un cumul de contraintes économiques devenues structurellement intenables pour les plus petites entreprises.

Quand les TPE tombaient, on baissait les yeux. Aujourd'hui, la vague déferle sur toute l'économie

Pendant des années, les défaillances de TPE ont été traitées comme une fatalité silencieuse. Parce qu’elles concernaient des structures petites, dispersées et peu visibles. Parce que leur fragilité semblait presque “naturelle”.

Mais ce que les TPE traversaient n’était pas un phénomène isolé. C’était un signal. Un symptôme avancé. Un indicateur précoce d’une dégradation profonde de l’économie réelle.

Aujourd’hui, la vague qu’elles annonçaient s’étend. Elle touche progressivement des entreprises plus grandes, plus installées, plus structurées. Ce basculement confirme une évidence : quand les TPE tombent en masse, ce n’est jamais un problème de TPE. C’est un problème de pays.

Les TPE ne sont pas une variable d’ajustement. Elles sont un pilier de l’économie, un tissu d’emploi local et un thermomètre immédiat de ce que l’économie peut ou ne peut plus absorber. Ignorer leurs fragilités revient à ignorer les prémices d’une crise qui finit toujours par se généraliser.

Une dégradation économique multiforme et durable

En 2025, les TPE ont dû absorber encore et simultanément plusieurs chocs majeurs, sans disposer de marges d’amortissement suffisantes :

– Des coûts énergétiques durablement élevés, liés notamment à un alourdissement de la fiscalité, qui pénalise fortement les activités de proximité.

– Une hausse continue des charges globales, qu’il s’agisse des charges sociales, des loyers commerciaux ou de la fiscalité locale, en particulier la taxe foncière.

– Des conditions de financement plus restrictives, marquées par un coût du crédit élevé et un accès plus difficile aux financements de court terme.

Un climat d'incertitude économique qui accélère les ruptures

Par ailleurs, l’année 2025 a été marquée par une incertitude économique et politique persistante : ralentissement de la consommation, attentisme des ménages, manque de visibilité fiscale et sociale, reports d’investissements.

Dans ce contexte, de nombreuses cessations d’activité relèvent désormais de décisions rationnelles de dirigeants, confrontés à l’absence de perspectives économiques viables à moyen terme.

Une spirale de fragilisation faute de cap clair

Le SDI ne plaide pas pour un retour à une économie sous perfusion. Il alerte en revanche sur l’absence d’une ligne politique pro-entreprise claire, lisible et planifiée dans le temps, condition essentielle à la capacité des TPE à se projeter, investir et maintenir l’emploi local.

Sans visibilité ni stabilité, les plus petites structures restent les premières exposées et les premières fragilisées. Et lorsque ce socle craque, c’est tout le tissu économique qui finit par se fissurer.

On nous annonçait une année plateau. En réalité, le record de faillites est en train de devenir la norme. Année après année, les chiffres confirment que les TPE évoluent dans un environnement toujours plus coûteux et toujours plus instable. Quand l’énergie, les charges, les loyers et la fiscalité progressent plus vite que l’activité, il ne reste plus de marge de manœuvre.

Pendant longtemps, quand cela ne touchait “que” les TPE, on baissait les yeux. Mais ce que vivent les plus petites entreprises est toujours un signal avancé : la vague qu’elles annonçaient est désormais en train de déferler sur l’ensemble de l’économie.

Les entrepreneurs n’attendent pas des aides, mais une ligne économique pro-entreprise claire, lisible et durable, qui leur permette enfin de se projeter.

Marc Sanchez (1)

Marc Sanchez est Secrétaire Général du Syndicat des Indépendants (SDI) depuis 1993. Le SDI est la seule organisation interprofessionnelle patronale apolitique et financièrement indépendante dédiée à l’ensemble des entreprises de moins de 20 salariés, qui représentent 98 % des entreprises françaises, à savoir : les indépendants, TPE (Très Petites Entreprises) et PME (Petites et Moyennes Entreprises).   Les missions du Syndicat : • Donner la parole aux Indépendants, TPE et PME • Porter leurs voix • Replacer leurs propositions au cœur des décisions économiques et politiques   Aujourd’hui, le SDI représente 25 000 dirigeants, commerçants, artisans et professions libérales.

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