Pour le FMI, 2023 sera pire que 2022 !

Bonne année à vous tous, je vous souhaite et nous souhaite bien évidemment surtout une bonne santé, vu l’état déplorable de l’hôpital, mieux vaudra ne pas avoir besoin de rejoindre l’un des brancards de nos services d’urgence saturés. Je vous souhaite évidemment beaucoup de prospérité dans un monde en récession et rongé par l’inflation et la guerre.

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Par Charles Sannat Publié le 3 janvier 2023 à 8h30
2023 Prevision Fmi Economie Ralentissement
25%Le FMI estime à plus de 25% le risque d'une croissance basse en 2023.

Oui, ce ne sera pas évident, mais gardez l’envie et l’enthousiasme, car les crises sont aussi des moments qui permettent de créer des fortunes et c’est bien l’intention de certains grands argentiers de la planète. Pendant que les peuples couinent et souffrent, certains organisent un transfert de richesses des uns (nombreux) vers les autres (très minoritaires) et le capitalisme n’a rien à voir là-dedans !

Rien.

Vous savez ce que c’est le capitalisme ?

C’est la propriété privée.

Point.

Le capitalisme c’est juste la propriété privée des moyens de production. Par extension c’est aussi le droit de posséder votre maison ou votre voiture.

La propriété bien évidemment libère. Elle affranchie. Quand vous êtes propriétaire de votre maison plus de loyer à payer. Mais c’est un autre débat que nous aurons le temps d’avoir cette année.

Tout le reste c’est du communisme et donc du collectivisme.

2023 sera pire que 2022 selon le FMI ; un tiers de l’économie mondiale en récession

« Dans une interview diffusée dimanche, la directrice du FMI Kristalina Georgieva a prévenu que 2023 sera une année encore plus difficile que 2022 pour la majeure partie de l’économie mondiale, car les économies américaine, européenne et chinoise ralentissent toutes simultanément.

« Nous nous attendons à ce qu’un tiers de l’économie mondiale soit en récession… Même les pays qui ne sont pas en récession, cela serait ressenti comme une récession pour des centaines de millions de personnes », a déclaré la directrice du Fonds Monétaire International.

« Voici ce que nous voyons en 2023. Pour la plupart de l’économie mondiale, ce sera une année difficile, plus difficile que celle que nous laissons derrière nous. Pourquoi ? Parce que les trois grandes économies, États-Unis, UE, Chine, ralentissent toutes simultanément. »

« Les États-Unis sont les plus résistants. Les États-Unis pourraient éviter la récession. Nous voyons que le marché du travail reste assez fort. Il s’agit toutefois d’une bénédiction mitigée car si le marché du travail est très fort, la Fed pourrait devoir maintenir les taux d’intérêt plus serrés pendant plus longtemps pour faire baisser l’inflation ».

« L’Union européenne a été très durement touchée par la guerre en Ukraine. La moitié de l’Union européenne sera en récession l’année prochaine. La Chine va encore ralentir cette année ».

« Lorsque nous regardons les marchés émergents dans les économies en développement, là, le tableau est encore plus sombre. Pourquoi ? Parce qu’en plus de tout le reste, ils sont frappés par des taux d’intérêt élevés et par l’appréciation du dollar. Pour ces économies qui ont un niveau élevé de cela, c’est une dévastation ».

« À court terme, mauvaises nouvelles. La Chine a ralenti de façon spectaculaire en 2022 à cause de cette politique stricte du zéro Covid. Pour la première fois en 40 ans, la croissance de la Chine en 2022 sera probablement égale ou inférieure à la croissance mondiale. Cela ne s’est jamais produit auparavant ».

La directrice générale du FMI a ajouté que « le monde a changé de façon spectaculaire », notant que « c’est un monde plus enclin aux chocs. » Elle a ainsi suggéré qu’il faut désormais rester prêts à traverser de nouvelles crises en tous genres :

« Mon message [est] de ne pas penser que nous allons revenir à la prévisibilité d’avant Covid. Plus d’incertitude, plus de superposition de crises nous attendent… Nous devons nous ressaisir et agir de manière plus agile et plus prudente ».

2023 ? 2022 en pire !

Dire que 2023 sera pire que 2022 n’est pas une prédiction très difficile à faire, et la faire d’ailleurs n’apporte pas grand chose à la compréhension de ce qu’il se passe.

Sans compréhension de ce qu’il se passe, il n’y a aucune anticipation possible et donc aucune stratégie patrimoniale personnelle qui peut en découler.

Alors que se passe-t-il ?

La guerre en Ukraine certes, l’inflation d’accord, les problèmes d’énergie bien évidemment, le zéro covid en Chine, d’accord, la hausse des taux, bien évidemment, mais tous ces éléments que je viens de lister, doivent être pris en considération dans leur globalité. Isolément, on ne peut pas comprendre ce qu’il se passe.

Ce que nous vivons, c’est la fin de la mondialisation.

2023 est une année de transition vers moins de globalisation, moins d’échanges carbonés et polluants, moins d’énergie, plus de conflits et plus de tensions géopolitiques.

Il y a deux sujets sous-jacents à cette « démondialisation ». 

Une lutte pour le leadership dans le monde et la guerre qui oppose Américains et Européens d’un côté, à la Russie et à la Chine de l’autre.

Une lutte pour l’accès à l’énergie qui se raréfie de l’autre.

Si vous comprenez cela, alors vous comprenez tout ce qu’il se passe.

Moins d’énergie et plus de désaccords géopolitiques c’est moins de mondialisation et plus de protectionnisme.

C’est également un changement majeur pour nos modèles économiques, un choc important.

C’est cela qu’explique la Directrice Générale du FMI en langage codé pour les « initiés » des marchés lorsqu’elle dit :

Mon message est de ne pas penser que nous allons revenir à la prévisibilité d’avant Covid. Plus d’incertitudes, plus de superpositions de crises nous attendent… Nous devons nous ressaisir et agir de manière plus agile et plus prudente »

Oui, 2023 sera pire que 2022.

Pour autant, si vous comprenez le monde que nous quittons et celui vers lequel nous allons, alors il faut relativiser les peurs et les craintes.

Si vous comprenez vers quoi nous allons, alors nous pouvons en déduire ce que nous devons vendre, et ce que nous devons acheter. Nous pouvons en déduire là où nous pourrons travailler et là où il y aura du chômage. Nous pouvons aussi en déduire là où il sera plus confortable de vivre.

Il n’y a aucune fatalité et toujours beaucoup de possibilités.

Mais saisir les opportunités dans un monde difficiles ne se fait pas par des « incantations d’optimisme béat ». Cela se fait en posant des constats très lucides sur la situation telle qu’elle est. De ces constats et de ces analyses découlent des stratégies de résilience personnelles que vous devez définir et mettre au point. Vous pourrez compter sur moi pour vous accompagner durant toute cette année 2023, aussi difficile soit-elle, n’oublions pas de la rendre belle, pour nous, pour nos proches et ceux que nous aimons. Mettons plus de vie, même si tout autour de nous les tentations castratrices sont très fortes. Mettons plus de vie et d’envie, car c’est aussi poser un acte de résistance à la noirceur que l’on nous impose. Ne nous laissons pas réduire, rétrécir, enfermer.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011. Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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