Le patron de Stellantis craint un effondrement de l’industrie automobile européenne

Par Olivier Sancerre Modifié le 29 novembre 2022 à 9h22
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2035L'industrie automobile européenne pourrait disparaitre d'ici 2035, selon Carlos Tavares.

Le patron de Stellantis n'a pas sa langue dans sa poche. Dans un entretien, Carlos Tavares met l'Europe face à sa responsabilité : si rien n'est fait pour protéger l'industrie automobile européenne, elle aura disparu d'ici 2035.

L'industrie automobile européenne est en danger de mort, craint Carlos Tavares, et le blâme repose sur l'Union européenne qui a accéléré la production de voitures électriques. L'UE a ainsi créé un appel d'air pour la concurrence, et notamment chinoise, qui a bien l'intention d'inonder le marché avec ses modèles électriques bon marché. Un véritable danger existentiel, selon le dirigeant de Stellantis : « Si l’Europe ne veut pas que son industrie automobile disparaisse d’ici 2035, il faut la protéger », estime-t-il dans une interview à 20 Minutes. Il faudrait, selon lui, mettre en place des droits d'importation sur les véhicules chinois.

Des droits d'importation pour les véhicules chinois ?

Les constructeurs chinois ont « 10 ans d'avance sur nous », déplore-t-il, pour autant, il ne refuse pas la compétition. Carlos Tavares demande simplement « des conditions équitables pour se battre ». Il met en avant le fait que les constructeurs européens ont créé des véhicules électriques en cinq ans. Mais voilà, l'Europe a « fait les choses à l'envers » : « Il aurait donc d’abord fallu travailler sur la production verte d’électricité, ensuite sur le réseau et puis seulement sur les véhicules totalement électriques ».

L'Europe a tout fait à l'envers

Maintenant que les voitures électriques sont là, « où est l'énergie renouvelable ? Où est l'infrastructure de recharge efficace ? ». Plus globalement, il pose la question de savoir comment les politiques veulent rendre la mobilité accessible aux classes moyennes et aux familles. « Voulons-nous mettre la liberté de mobilité entre les mains des constructeurs chinois qui vendent des véhicules électriques à des prix très bas ? ». La question mérite d'être posée, mais la réponse est loin d'être facile à mettre en œuvre.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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