L’habillement s’effondre de 17,6% en septembre, pire mois en cinq ans

Le secteur de l’habillement enregistre en septembre 2026 sa pire performance depuis cinq ans, avec une chute de 17,6% du chiffre d’affaires en magasin. Chaleurs exceptionnelles et pouvoir d’achat contraint expliquent un effondrement qui touche tous les segments et tous les emplacements, plaçant les enseignes sous forte tension à l’approche des fêtes de fin d’année.

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By La rédaction Published on 5 octobre 2026 14h21
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L’habillement s’effondre de 17,6% en septembre, pire mois en cinq ans - © Economie Matin
14%La rentrée scolaire pèse à elle seule 14% des ventes annuelles des enseignes de vêtements pour enfants.

Septembre 2026 restera dans les annales du commerce français comme un mois catastrophique. Les enseignes d'habillement ont enregistré une chute de 17,6% de leur chiffre d'affaires en magasin par rapport à septembre 2025, selon le panel Retail Int. pour l'Alliance du Commerce, qui suit plus de 70 enseignes représentant 10 000 magasins. La pire performance en cinq ans, qui intervient précisément au moment où la rentrée scolaire devait permettre de reconstituer les trésoreries.

Le problème, c'est que cette contre-performance ne tombe pas au hasard du calendrier. Septembre représente un mois décisif pour le secteur : la rentrée scolaire pèse à elle seule 14% des ventes annuelles des enseignes de vêtements pour enfants. Or, justement, l'enfant recule de 27,4% sur le mois.

Quand la météo et l'inflation se liguent contre le commerce

Deux facteurs se sont conjugués pour produire cette tempête parfaite. D'abord, septembre 2026 se classe au deuxième rang des mois de septembre les plus chauds depuis 1900, avec très peu de pluie. Les consommateurs n'ont tout simplement pas acheté les vêtements de saison. Les chiffres sont éloquents : chez la femme, les grosses pièces s'effondrent de 45%, tandis que le short progresse de 24% par rapport à l'année précédente. On vend des vêtements d'été en pleine rentrée scolaire.

Mais reprenons : la météo n'explique pas tout. L'inflation énergétique, avec une hausse de 21,2% sur un an des prix de l'énergie, pèse lourdement sur le pouvoir d'achat des Français. Les déplacements en voiture coûtent plus cher, ce qui impacte directement les zones commerciales périphériques. Les consommateurs limitent leurs trajets, privilégient les achats de proximité ou, plus simplement, renoncent à acheter.

Tous les emplacements touchés, sans exception

L'effondrement ne touche pas seulement tel ou tel segment. Tous les types d'emplacement subissent la baisse, avec des intensités variables mais toujours à deux chiffres. Les zones d'activité commerciale et retail parks enregistrent le plus fort recul, à moins 23,4% de chiffre d'affaires. Ces destinations, qui supposent un déplacement en voiture, souffrent de plein fouet de la hausse des prix des carburants et de la réduction du pouvoir d'achat de leur clientèle grand public.

Les centres commerciaux baissent aussi fortement : moins 16,9% en périphérie, moins 13,8% en centre-ville. Les commerces de centre-ville implantés sur rue reculent de 11,1%, les outlets de 12%. Seul Paris résiste un peu mieux, avec une baisse limitée à 6,4%, grâce à l'activité touristique. Mais même la capitale n'échappe pas au mouvement de fond.

Le segment grand public, qui représente une part importante du marché, affiche un recul de 20,2%. En réalité, personne n'est épargné. Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d'affaires en magasin recule désormais de 4,7% par rapport à 2025. La fréquentation des points de vente chute de 13,3% en septembre, et de 3,8% depuis le début de l'année.

Le digital ne compense rien

On aurait pu imaginer que les ventes en ligne compensent, au moins partiellement, l'effondrement des ventes physiques. Erreur. Les ventes en ligne décrochent elles aussi, de 15,9% en septembre. Au cumul depuis le début de l'année, elles reculent de 1,8% par rapport à 2025. Le consommateur n'a pas simplement changé de canal d'achat : il a tout simplement cessé d'acheter, ou réduit drastiquement ses dépenses vestimentaires.

Cette réalité invalide le discours rassurant selon lequel la digitalisation du commerce permettrait de compenser la désaffection des magasins physiques. Quand le pouvoir d'achat se contracte et que les priorités budgétaires se déplacent vers l'énergie et l'alimentation, l'habillement passe au second plan, quel que soit le canal de vente.

Un appel au gouvernement qui sonne comme un cri d'alarme

L'Alliance du Commerce, qui représente 16 000 magasins et 150 000 salariés, appelle le gouvernement à une extrême vigilance. Yohann Petiot, directeur général, indique que beaucoup d'enseignes ont déjà engagé des plans d'économies et réduit leurs investissements. Un nouveau mois de cette ampleur placerait certaines enseignes dans une situation extrêmement difficile.

Le message est clair : ce n'est pas le moment d'alourdir le coût du travail, notamment en réduisant les allègements de cotisations sociales sur les bas salaires. Il faut protéger le pouvoir d'achat des Français, limiter l'impact de la hausse des prix des carburants, et surtout donner de la visibilité aux entreprises.

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