Énergie : Macron se fâche… mais appelle quand même à la sobriété

Les ministres, les responsables du réseau électrique, les spécialistes… tous disent la même chose, depuis des semaines. La France est à risque de coupures d’électricité durant l’hiver 2022-2023. Les mois les plus froids, janvier et février, seront les plus tendus. Mais Emmanuel Macron n’est pas content : il ne veut plus entendre de « scénarios de la peur ».

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 8 décembre 2022 à 10h20
Macron Scenario Peur Electricite Crise
6,3%L'éolien représente 6,3% de la production d'électricité en France.

Pas de « scénarios de la peur » pour Emmanuel Macron...

Interrogé rapidement en marge du sommet européen qui se tient en Albanie, Emmanuel Macron a recadré les médias et ses propres ministres. « Le rôle des autorités et des entreprises publiques, ce n'est pas de transférer la peur ni de gouverner par la peur. » Il fait référence aux divers scénarios liés à la crise énergétique dont le risque plane sur la France.

Pour lui, c’est simple : « nous sommes un grand pays, nous avons un grand modèle énergétique, nous allons tenir cet hiver malgré la guerre ». Pour autant, un premier test grandeur nature aura déjà lieu la semaine du 5 décembre 2022. La production électrique est au plus bas, avec 20 réacteurs nucléaires à l’arrêt sur les 56 du parc français.

Or, selon RTE, jeudi 8 décembre 2022 la consommation des Français est attendue à 75,6 GW, et même 76,8 GW le lundi suivant. S’il reste de la marge de manœuvre, notamment avec les centrales à gaz mobilisables à tout moment, la situation sera très limite.

Mais il fait malgré tout appel à la sobriété énergétique

Si le Président estime que l’hiver se déroulera plutôt bien, c’est sans doute car plusieurs réacteurs nucléaires devraient être réactivés avant la fin du mois de janvier 2023. 16, si tout se déroule comme prévu au niveau des travaux. Le déficit, en termes de production énergétique, sera donc réduit.

Pour autant, malgré ses propos, Emmanuel Macron en appelle à la « sobriété ». « Le travail d'EDF, c'est de faire tourner les centrales, le travail du gouvernement, c'est qu'il y ait une planification, le travail de tout le monde, c'est qu'on déroule la sobriété. »

La situation n’est donc pas rose, loin de là. Et s’il ne veut pas de « scénarios de la peur », force est de constater que l’exécutif les prépare. Les Français aussi, se préparent...

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

Aucun commentaire à «Énergie : Macron se fâche… mais appelle quand même à la sobriété»

Laisser un commentaire

* Champs requis