La filière aéronautique française ne connait pas la crise… sauf celle de l’emploi

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Par Gérard Jouany Modifié le 27 avril 2013 à 5h25

Un chiffre d 'affaires de 42,5 milliards d'euros contre 38,5 en 2011, les constructeurs français d'avions civils ou militaires de satellites et de fusées réunis au sein du GIFAS (groupement des industries françaises de l'aéronautique et de l'espace) n'ont pas chômé l'an dernier.

Leur chiffre d'affaires a augmenté de 16%. Il est peu de secteurs à pouvoir afficher une telle performance. Une performance remarquable aussi à l'export: 26,9 milliards d'euros soit 75% du chiffre d'affaires consolidé. Et cette année 2013 sera de la même veine puisque les commandes enregistrées en 2012 atteignent 49,7 milliards d'euros. C'est encore plus que le chiffre d'affaires, ce qui permet à la filière aéronautique de dégager à nouveau le premier solde excédentaire de la balance commerciale. Et chacun de remercier Airbus.

Pour atteindre de tels objectifs, la profession a battu des records d'embauche en 2012: 15 000 recrutements avec 8 000 créations nettes d'emplois réparties sur l'ensemble du territoire. Au total, 170 000 personnes travaillent dans l'industrie des avions, des satellites ou des fusées, elles sont 310 000 si l'on compte les emplois indirects qui profitent à des PME sous traitantes.

L'emploi justement, et c'est l'un des paradoxes français, alors sur le pays va battre à nouveau des records de chômage, les industriels ne parviennent pas à embaucher selon leurs besoins. On estime à 8 000 le nombre des postes à pourvoir;
Le GIFAS donne deux explications à ce mal français: d'abord l'inadéquation des cursus scolaires aux besoins d es entreprises, ensuite, le manque de gout des jeunes pour les métiers techniques.

Nous y ajouterons les salaires basés sur les grilles de l'UIMM, peu attractifs au moins dans le début de carrière. Mais 8 000 places à prendre, cela ne devrait pas laisser indifférent. La porte de usines est grande ouverte pour les jeunes techniciens supérieurs et de ingénieurs sortant des écoles.

Le prochain salon aéronautique du Bourget, qui aura lieu du 17 au 23 juin prochain, outre les présentations d'avions en vol, dont la dernière production militaire russe, va prendre ce problème à bras le corps. On y trouvera un Forum Emploi et un exposition exceptionnelle intitulée "L'avion des métiers" ; Trente entreprises seront présentes avec des salariés qui viendront "vendre" leur tâche au quotidien et la passion qui les anime. car l'aéronautique, c'est d'abord de la passion, que l'on soit chaudronnier, ingénieur système ou encore journaliste écrivant sur le sujet !

Jean Paul Herteman, président du GIFAS et par ailleurs président de Safran n'a pas oublié de faire passer un message vis à vis de politiques. Pour résumer, Jean Paul Herteman a mis en garde le pouvoir s'il voulait couper les crédits des budgets de la Défense et du Spatial. "Ce serait des pertes de compétences peut être définitives" , a -t-il dit.

Certes, le président de la République a bien indiqué que pas un euro ne manquerait dans les budgets malgré la rigueur; mais l'éxpérience montre qu'il faut mieux se méfier de ce genre de propos, et chacun sait que Jean Paul Herteman ne manque pas d' expérience !

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Gérard JOUANY est actuellement consultant spécialisé dans l'automobile, l'aéronautique et l'espace. Il intervient très régulièrement sur France 24 et dans de nombreux colloques. Auparavant,il est passé par Europe 1, la Cinq et BFM. Avec micro et camera, il s'engage dans ses secteurs de prédilection, en participant à de nombreux Paris Dakar ; il a traversé l'Atlantique une première fois en avion de tourisme et une second en hélicoptère ; il a aussi fait un vol en apesanteur dans un avion du Centre National d'études spatiales. Gérard Jouany collabore également au magazine Couleurs Jazz, encore une de ses passions !  

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