A bas la pub !

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Par Jacques-Olivier Broner Modifié le 16 juin 2012 à 5h37

A l’heure où l’on envisage d’interdire de circulation les véhicules polluants au cœur de Paris et des grandes villes de France, ne faudrait-il pas en faire de même avec la publicité ? J’ai conscience qu’en posant la question, je m’expose au risque d’apparaitre comme un traitre parmi les patrons d'agences de communication...

Et pourtant, la polémique sur les bâches publicitaires, les actions des casseurs de pub, mais aussi la plus élémentaire objectivité, devraient nous amener à nous interroger sur l’utilité de conserver, au cœur des villes, une publicité extérieure qui apparait de plus en plus comme une pollution visuelle.

Toute action de communication a une double obligation : défendre les intérêts de l’annonceur pour lequel elle a été créée, mais aussi défendre ceux de la communication. La publiphobie reste, bien avant la décroissance, la principale menace de ce secteur. Ne pas être vigilant sur ce qui peut potentiellement la générer relève, au mieux, d’une vision court terme préjudiciable à ces métiers.

Je repose donc la question : ne faudrait-il pas interdire la publicité extérieure à Paris avant que l’on nous l’impose ? Prendre les devants, c’est évidemment priver le secteur de la communication, ou du moins une partie de ses représentants, d’une manne bienvenue en ces temps de vaches maigres. Mais anticiper, c’est aussi se donner les moyens de la remplacer par un levier de communication plus efficient et plus vertueux.

L’événementiel grand public est à ces deux titres le candidat rêvé. La Nuit Blanche, Paris Plages, la patinoire de la place de l’Hôtel de Ville… n’ont-ils pas fait plus pour la notoriété de Paris et la fierté des Parisiens que n’importe quelle campagne d’affichage ? A-t-on à propos de ces actions ou d’autres du même type entendu se lever les protestations des anti-pub ?

Evidemment il ne s’agit pas de transformer les rues de Paris en une foire commerciale. Mais des Champs-Elysées transformés en champ de blé au TGV empruntant la même avenue, en passant par les méga jump de Taïg Khris ou aux abribus équipés de canapés, les exemples passés ou à inventer ne manquent pas qui permettraient de construire un lien fort entre les marques et les habitants des villes où se dérouleraient ces manifestations mémorables.

Concevoir la communication comme une animation noble, c’est donner à une ville comme Paris un festival off permanent apte à réconcilier les consommateurs avec la communication, mais c’est aussi offrir aux annonceurs les moyens de convaincre sans générer de rejet.

L’autre vertu d’une telle démarche, et ce n’est pas la moindre, serait de permettre enfin aux agences de communication françaises de concourir à armes égales avec leurs homologues anglaises, suédoises, américaines ou brésiliennes pour les prix « ambient, stunt et event ».

Si cela devenait réalité, alors consommateurs, annonceurs et agences -pour une fois réconciliés- diront « I like Paris ! »

NB : Le titre est de la rédaction d'Economie Matin

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Président de l'agence de communication Rouge, Jacques-Olivier Broner est également président du Raffut 2012 2ème édition, le Club des Créateurs d'Evénements Grand Public, qui regroupe 14 agences. Ce club décerne le prix Le Raffut, qui récompense l'événement grand public de l'année, répondant à la définition suivante : « dispositif de communication hors norme à destination du grand public bénéficiant d'un large effet d'amplification. » L'initiative lancée par ces entrepreneurs consiste à créer l'occasion de se faire entendre et prendre la parole sur l'événement grand public, une discipline aujourd'hui considérée comme structurante dans une stratégie de communication. Le Raffut 2012 sera remis le 26 juin (www.leprixraffut.com).