Pour l’Allemagne, la crise des migrants est une opportunité économique

Par Olivier Sancerre Modifié le 6 septembre 2015 à 16h15
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10 MILLIARDSLe coût de l'afflux des migrants va coûter à l'Allemagne 10 milliards d'euros.

La situation tragique des migrants qui affluent en Europe dans l'espoir d'une vie meilleure ont peut-être trouvé un eldorado avec l'Allemagne. Le pays devrait ainsi accueillir 800 000 réfugiés en 2015, avec non seulement un objectif de générosité, mais aussi… pour l'avenir de son économie.

Au contraire d'autres nations européennes particulièrement frileuses, l'Allemagne ouvre grand ses bras aux migrants poussés en Europe par les exactions de Daech ou des situations politiques extrêmement difficiles en Syrie ou ailleurs. Le pays y gagne une image généreuse, mais le bénéfice va bien au-delà de cela.

Pénurie

Le pays fait en effet face à une crise bien plus profonde : celle d'une dramatique pénurie de main d'œuvre. Il y manque ainsi cette année 140 000 ingénieurs, techniciens et programmateurs, et cela ira de mal en pis au fil des ans. Des estimations font ainsi mention d'une pénurie de 1,8 million de personnes en 2020 tout secteurs confondus, et à l'horizon 2040, de 3,9 millions de personnes si rien n'est fait pour endiguer le vieillissement de la population.

Qualifications

Ces migrants peuvent être la réponse. Ils sont jeunes, et pour la plupart ont de « très bonnes qualifications », croit savoir Ulrich Grillo, le président de la fédération des industries allemandes BDI. Mais pour faciliter l'intégration de cette main d'œuvre, le patronat allemand réclame un plus grand assouplissement des règles du droit du travail, notamment pour l'examen de préséance selon lequel les employeurs doivent apporter la preuve qu'ils n'ont pas trouvé de candidat allemand pour tel poste.

Il faut également revoir les procédures de reconnaissance des diplômes, faciliter l'apprentissage de l'allemand, s'assurer qu'un migrant salarié ne soit pas renvoyé du jour au lendemain dans son pays d'origine…

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.