Apple et Samsung au tribunal : enjeu, 2 milliards de dollars

Par Olivier Sancerre Modifié le 2 avril 2014 à 22h16

Apple et Samsung ne se font de cadeaux. Les deux constructeurs sont engagés dans une guerre des prétoires durant laquelle le créateur des Galaxy S a souvent perdu des batailles. En août 2012, un jury californien a statué qu'il avait bel et bien copié sur l'inventeur de l'iPhone pour certains de ses produits.

Apple remet le couvert, en accusant de nouveau Samsung (qui est par ailleurs resté fournisseur de composants pour le constructeur américain) d'avoir enfreint cinq de ses brevets dans plusieurs de ses smartphones, dont les Galaxy SIII et Galaxy Note 2. Apple réclame de la justice rien moins que 2 milliards de dollars en dommages et intérêts, une somme basée sur le préjudice subi (jusqu'à 40$ sur chacun des 37 millions de terminaux Samsung vendus depuis 2012). Si le jury estime que Samsung a bien enfreint la propriété intellectuelle d'Apple, alors ces 2 milliards se rajouteront au milliard que le fabricant de l'iPad a gagné lors du premier procès.

Samsung copie, Apple ment

Mais évidemment, Samsung ne compte pas se laisser faire. Le géant coréen de l'électronique a à son tour accusé Apple d'infraction sur deux brevets; mais Samsung se montre bien moins gourmand en terme d'amendes, puisque l'entreprise ne demande que 6,9 millions de dollars de réparation. Le constructeur tente de faire intervenir une tierce partie dans ce procès; plutôt que d'attaquer Samsung, Apple aurait dû s'en prendre à Google, développeur du système d'exploitation Android qui équipe ses smartphones.

La « guerre sainte » de Steve Jobs contre Google

Les avocats de la défense ont exhibé une conversation électronique de Steve Jobs, dans laquelle il explique vouloir mener une « guerre sainte » contre Google. Le marketing d'Apple a également pris peur de la montée en puissance de son concurrent au travers de publicités moqueuses, ainsi que de l'avancée d'Android dans certains domaines. Le but de Samsung ici est de démontrer qu'Apple se trompe de cible et que c'est bien Google qui devrait se trouver à sa place.

De leur côté, les avocats du créateur de l'iPhone n'en démordent pas : l'affaire ne concerne Google en rien. C'est Samsung qui tire profit de la vente de smartphones sous Android, et c'est Samsung, « pas Google, qui a choisi de copier ces fonctionnalités dans ses téléphones ». « Copier l’iPhone fait partie du processus de développement de Samsung », assène le représentant d'Apple. Le procès devrait durer deux mois.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.

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