L’État veut économiser 2 milliards d’euros sur les aides aux entreprises en 2014 et 2015

Par Laure De Charette Modifié le 13 février 2013 à 2h53

E-co-no-mi-ser ! Après avoir largement augmenté les impôts pour doper les recettes, le gouvernement semble arriver lentement mais sûrement à l’idée qu’il faut à présent couper dans les dépenses. Il était temps, doit estimer la Cour des Comptes, qui réclame à nouveau une réduction des dépenses publiques dans son rapport annuel rendu public hier !

Sur ordre de Matignon, une batterie d’auditeurs va se plonger dans les comptes d’une quarantaine de politiques publiques, comme par exemple celle de la politique familiale, du logement ou de la formation, dans le cadre du chantier de la modernisation de l'action publique. La France souffre d’une multiplication de dispositifs, dont l’efficacité n’est pas toujours démontrée.

L’un des chantiers en passe d’être ouvert concerne celui des aides aux entreprises, du moins celles jugées redondantes, peu lisibles, voire tout simplement « inefficaces ». Il faut dire qu’il en existe en tout près de 6 000, en partie versées par les collectivités locales, pour un montant global d’environ 100 milliards d'euros. L’idée est donc de distinguer l’éventuel bon grain de l’ivraie, de voir si telle aide est réellement efficace au regard de son coût, et à terme, de rationaliser les milliards dépensés par l’Etat en la matière. L’objectif fixé par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est clair : il faut « identifier des scénarios permettant de dégager des économies de 1 milliard d'euros en 2014 et 1 milliard d'euros supplémentaire en 2015 ».

Trois personnalités -un inspecteur des finances, Philippe Jurgensen, un élu, Jean-Jack Queyranne, et un patron de PME, Jean-Pierre Demael,- vont notamment jouer les supers auditeurs. Ils doivent rendre leurs premières conclusions d’ici au Printemps.

La semaine dernière, Michel Sapin et Arnaud Montebourg, respectivement ministres du Travail et du Redressement productif, se prévalaient pourtant d’avoir aidé à rebondir 1 900 entreprises (de plus de 400 salariés) notamment grâce à ces fameuses aides, et préservé ainsi 46 000 emplois (sur un total de 55 500 menacés)…

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.