Budget 2015 : Paris tente d’endormir Bruxelles en sortant 3,6 milliards abracadabrantesques de sa manche

Par Olivier Sancerre Modifié le 28 octobre 2014 à 6h14

En sortant de sa manche 3,6 milliards d’économies supplémentaires de sa manche, Michel Sapin évite le refus du budget 2015 de la France auprès de Bruxelles.

Dans le chapeau de Michel Sapin

Ces 3,6 milliards d’économies et de recettes supplémentaires ressemblent un peu à un cadeau du ciel, tellement ils étaient imprévisibles. Mais la menace d’un bras de fer avec la Commission européenne à propos du budget 2015, ainsi que l’opprobre que ce rejet aurait signifié pour le gouvernement français ont poussé les comptables de Bercy à faire preuve d’un certain sens de la créativité.

Il y a tout d’abord le retour d’argent provenant de l’Union européenne, que la France s’est empressée d’ajouter au pot : alors que la Grande-Bretagne devra verser un écot de 2,1 milliards d’euros supplémentaires, l’Hexagone se voit remettre de l’argent trop perçu (de 300 à 600 millions).

Liste à la Prévert

Michel Sapin a rajouté 1,5 milliard d’euros qui provient du recul de la charge de la dette. Le ministre des Finances complète avec un ajustement du CICE, le Crédit d’impôt compétitivité qui sera moins onéreux que prévu. La lutte contre l’évasion et la fraude fiscale devrait rapporter plus, 900 millions d’euros tout de même. Une poignée de taxes vont voir leur réductibilité reculer, notamment l’IS (Impôt sur les sociétés), ce qui représente 500 millions, tandis que d’autres vont être relevées – ce sera le cas de la taxe de séjour dont le plafond sera relevé (et 300 millions de plus).

Reste enfin 350 millions dont Bercy n’a pas détaillé la provenance, mais on peut faire confiance à l’imagination des spécialistes du ministère des Finances pour trouver de nouvelles ressources. En tout et pour tout, ces 3,6 milliards d’économies réduira le déficit structurel du pays de 0,5 point, au lieu des 0,2 prévu à la base. Ils se rajoutent aux 21 milliards d’économies déjà programmés.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.