Sommes-nous oui ou non dans un marché baissier ?

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Par Bill Bonner Publié le 9 septembre 2015 à 5h00
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4 680Le CAC40 remonte vers les 4 680 points.

Du point de vue de l’investissement, il y a deux possibilités à la situation actuelle. Ce à quoi nous avons assisté jusqu’à présent est soit la volatilité naturelle et la correction d’un marché haussier normal… soit la première phase d’un marché baissier majeur.

Ce sera probablement interprété de ces deux manières. Parce que nous sommes probablement au début d’un marché baissier — mais aussi pas très loin d’un mouvement explosif à la hausse. Pourquoi ? Parce que les autorités ne vont sans doute pas laisser un marché baissier se dérouler normalement. Au lieu de ça, à mesure qu’il s’intensifie — s’il s’intensifie — elles interviendront probablement avec une vigueur si colossale (rappelez-vous, c’est la guerre !) qu’elles feront s’envoler les actions comme le pare-chocs d’une automobile qui vient de passer sur une mine anti-personnel.

Nous expliquions vendredi que les sherpas de la finance étaient de sortie, expliquant que lors d’une baisse telle que celle-ci, les investisseurs pourraient devoir patienter quatre mois d’attente avant que le marché se remette complètement. Nous soupçonnions que ce phénomène décrit en réalité autre chose que le fonctionnement normal d’un marché sain. Nous avons donc demandé à notre équipe de recherches de jeter un oeil.

Cela n’a pas manqué : les faits rapportés étaient corrects. Il y a bien eu deux corrections majeures depuis 2009. Il a fallu environ quatre mois pour que les marchés se remettent. Mais si l’on regarde soigneusement, on constate que les forces naturelles du marché n’étaient pas à l’oeuvre — loin de là. C’était plutôt l’ouvrage des bricoleurs de la Fed. Dans les deux cas, la Fed a annoncé de nouveaux programmes de liquidités lorsque les corrections étaient à leur plus bas. Les actions n’ont pas tardé à remonter ensuite.

Regardez le graphique. Vous verrez ce qui s’est passé.

Tout ça révèle bien autre chose qu’un marché haussier solide… avec des liquidations périodiques suivies d’une résurgence saine des achats. Cela révèle un marché si truqué par les autorités qu’il ne peut se maintenir que grâce à de nouvelles doses gigantesques de crédit.

Un "resserrement quantitatif" ?

De plus — nous l’avons déjà dit –, le flux de crédit va en diminuant. Partout dans le monde, nous voyons des signes de ralentissement — c’est-à-dire moins de demande de crédit, généralement… et moins de relances de la part du gouvernement, qu’elles soient monétaires ou fiscales.

On peut le voir sur les bilans des banques centrales : la liquidité n’augmente que très légèrement — de loin pas assez pour maintenir la vigueur du marché actuel. Il y a aussi la croissance de la "masse monétaire" elle-même : elle est en chute.

Et revoici Bloomberg, décrivant comment des réserves en baissent créent une situation de "resserrement quantitatif" :

"[...] 2015 marquera un sommet d’accumulation de réserves après deux décennies de croissance où la Chine était aux avant-postes — son nouveau régime de devises signifiant qu’elle doit limiter ses réserves pour éviter une chute libre du yuan. Elle a déjà réduit ses détentions à 3 650 milliards de dollars, par rapport à 3 990 milliards en 2014.

‘Ce mouvement contrariera sans doute durablement la volonté des banques centrales des pays développés de mettre fin à leurs politiques non-conventionnelles dans les années qui viennent, représentant une source supplémentaire d’incertitudes dans l’économie mondiale’, affirmaient Saravelos et ses collègues dans un rapport aux clients [de Deutsche Bank] mardi. ‘Le chemin vers la ‘normalisation’ restera probablement lent et truffé de difficultés’."

Sur le front budgétaire également, les déficits chutent. Les Etats-Unis, le Japon, la France, l’Italie, l’Australie, le Canada et l’Inde empruntent moins. Quant à l’Allemagne, elle est en surplus.

Ce n’est qu’un avertissement. Le marché est truqué. Et les truqueurs ne le truquent pas assez agressivement pour maintenir les cours à la hausse.

Dans un marché honnête, on n’a pas besoin que la Fed injecte des liquidités pour que les entreprises puissent racheter leurs propres titres grâce au crédit bon marché. Dans un marché honnête, de vrais investisseurs placent leur argent — étudiant avec soin quelles actions ont le plus chances de leur verser les dividendes les plus abondants ou les plus fiables. Ils achètent des actions dans de bonnes entreprises et font confiance aux dirigeants pour faire fructifier leur investissement grâce à la croissance et aux revenus.

Dans un marché honnête, ils ne font pas tant d’erreurs ; on peut souvent les corriger avec une simple baisse de 10%. Ce n’est pas ce qu’on voit sur le graphique ci-dessus. Ce marché a été déséquilibré par les autorités. A présent, il est sujet à un basculement majeur. Restez à l’écoute.

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Fondateur et président d'Agora Inc., une maison d'édition publiant des lettres d'information financières pour les investisseurs particuliers.

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