Cartes graphiques : leur prix flambent à cause du Bitcoin

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Par Laure De Charette Publié le 31 juillet 2017 à 10h51
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2 400Actuellement, un Bitcoin vaut près de 2 400 euros.

Si vous voulez changer la carte graphique de votre ordinateur, vous pourriez bien avoir de mauvaises surprises : soit, la payer très cher, soit, faire face à des ruptures de stock. Pourquoi donc ? A cause des crypto-monnaies !

Une situation inédite

Une carte graphique dont le prix passe en quelques semaines de 250 à plus de 300 euros, et surtout, qui est en rupture de stock partout, cela peut paraitre anecdotique, mais c’est tout de même incroyable car c’est une conséquence inédite du succès rencontré par les crypto-monnaies. Explications.

La carte graphique, c’est un morceau de votre ordinateur qui sert à afficher les images sur les ordinateurs de type PC, et en particulier, sur les ordinateurs des gamers, ceux qui utilisent l’ordinateur pour jouer à des jeux vidéo avec des qualités d’affichage qui n’ont parfois plus grand chose à envier aux films de Cinéma, tel "Valerian" sorti la semaine dernière.

Les cartes graphiques sont capables de réaliser des millions d’opérations, de calculs informatiques, à la seconde grâce aux processeurs dédiés qu’elles utilisent, les plus performantes peuvent coûter plusieurs centaines, voire, plusieurs milliers d’euros.

Quant à la crypto-monnaie, la plus connue d’entre elles est le Bitcoin, mais il en existe plein d’autres : la crypto-monnaie à la mode en ce moment, c’est l’Ethereum. Ces monnaies sont virtuelles, c’est à dire que vous ne pouvez pas en garder dans un coffre ni en mettre dans votre portefeuille, sachant qu’un Bitcoin vaut en ce moment 2 383 euros, et 1 Ethereum, 140.

Ces monnaies sont dites virtuelles, parce qu’elles sont le résultat de calculs informatiques, partagés entre des dizaines, des centaines de milliers d’ordinateurs...

Or comme les crypto-monnaies sont le résultat de calculs informatiques, c’est en effet à cause d’elles que le prix des cartes graphiques de milieu de gamme s’envole, et que certaines sont même en rupture de stock.

Du cash facile pour les "mineurs"

Comme les cartes graphiques sont équipées de processeurs, dont la seule et unique fonction est de réaliser des milliers, des centaines de milliers de calculs à la seconde, c’est à elles que l’on confie la tâche de fabriquer des crypto-monnaies, on appelle cela “miner”...

Certains mineurs, c’est le nom que l’on donne à ceux qui minent des crypto-monnaie, constatant que la valeur du Bitcoin ou donc, maintenant, de l’Ethereum, grimpait en flèche, ont commencé à s’équiper de dizaines de cartes graphiques reliées à un seul ordinateur. En programmant habilement celui-ci, ils confient à ces cartes graphiques ou plutôt à leurs processeurs le minage de crypto-monnaies, et gagnent donc des petites fortunes grâce à cela...

La conséquence ubuesque, mais bien réelle, c’est que le marché des cartes graphiques d’ordinateur est bouleversé par cette situation inédite, à tel point que plusieurs fabricants de processeurs et de cartes graphiques ont annoncé qu’ils allaient commercialiser des cartes dédiées au minage de crypto-monnaie, des cartes aux capacité d’affichage réduites voire absentes, mais dont les processeurs pourraient, eux, fabriquer, miner à plein tubes.

Le revers de la crypto-monnaie, c’est que si les cours des crypto-monnaies s’effondrent, comme cela arrive régulièrement, ces cartes graphiques ne serviront plus à rien, les mineurs arrêteront de miner, et ceux qui s’en seront porté acquéreur ne pourront même pas les revendre aux gamers pour se faire un peu d’argent...

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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