Emploi : CGT et Pôle emploi s’écharpent sur le taux d’annonces illégales

Par Anton Kunin Modifié le 14 septembre 2022 à 7h51
Recrutements Difficiles 2022 Enquete Pole Emploi
95%Selon la CGT, 95% des entreprises de travail temporaire diffusent des offres d'un mois ou plus alors qu'elles ne proposent, en réalité, que des contrats initiaux d'une semaine.

Pôle emploi nie que 76% des offres d’emploi publiées sur son site sont illégales, comme l’affirme la CGT Chômeurs. Pour Pôle emploi, cette proportion se situerait plutôt à 5%.

Pour Pôle emploi, seuls 5% des annonces sur son site seraient illégales

Huit jours après sa publication, Pôle emploi vient de réagir à la dernière étude sur les offres d’emploi « illégales », que vient de réaliser le Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires de la CGT. Dans cette étude, menée pour la 15e année consécutive, le syndicat affirme que 76% des offres publiées sur le site Pole-emploi.fr seraient « illégales ».

Pôle emploi dénonce le périmètre « très restreint et pas représentatif » de cette étude mais surtout accuse la CGT de faire « l’amalgame qualité et légalité ». Pour Pôle emploi, la proportion d’offres d’emploi vraiment illégales sur son site serait de 5% seulement.

Selon la CGT, la quasi-totalité des offres d’emploi provenant d’agrégateurs sont mensongères

Dans le cadre de cette étude, la CGT Chômeurs a passé au crible 1.900 offres d’emploi dans 13 villes ainsi que l’ensemble du département de la Seine-Saint-Denis, n’hésitant pas à appeler les agences intérim pour constater l’effectivité des allégations affichées sur l’offre « et plus particulièrement son existence, sa nature et sa durée ». Car il faut savoir que depuis 2016, Pôle emploi a décidé d’ouvrir son site aux « partenaires privés » agrégateurs d’offres (WellJob, HelloWork, JobinTree…) ou agences d’intérim. D’après les constats de la CGT, ces plateformes diffusent des offres déjà pourvues ou des offres doublon (déjà recensées sur le site de Pôle emploi), voire inexistantes. Près de 90% des offres illégales proviennent de ces plateformes, a calculé la CGT.

Si la CGT va jusqu’à affirmer que ces offres sont illégales, c’est parce que le Code du travail (article L5331-3) encadre la publication d’offres d’emploi. « Il est interdit de faire publier […] une offre d’emploi comportant des allégations fausses ou susceptibles d’induire en erreur, et plus particulièrement sur les éléments suivants : a) l’existence, le caractère effectivement disponible, l’origine, la nature et la description de l’emploi ou du travail à domicile; b) la rémunération et les avantages annexes proposés ; et c) le lieu du travail ». Dès lors que l’annonce fournit des informations mensongères sur l’un de ces éléments, on peut considérer qu’elle est illégale.

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