Charlie Business croule sous les millions, mais ne sait qu’en faire

Par Olivier Sancerre Modifié le 25 février 2015 à 0h10
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2,5 MILLIONSLe nouveau numéro de Charlie a été imprimé à 2,5 millions d'exemplaires.

Le terrible attentat contre Charlie Hebdo a laissé une rédaction exsangue et un hebdomadaire qui aurait pu disparaitre corps et biens sous un puissant soutien de ses lecteurs, de nombreux Français, et d’une bonne partie du monde.

Après un numéro sorti la semaine suivant l’attentat, l’équipe — ou ce qu’il en reste — a décidé de prendre un peu de repos… mais aussi pour réfléchir à l’avenir avec une équipe décimée. Le numéro exceptionnel, à tout point de vue, avait été lancé comme une réponse définitive à l’obscurantisme des auteurs des attentats, s’est littéralement arraché des kiosques.

Un numéro historique

En tout et pour tout, ce sont plus de 8 millions d’exemplaires qui ont été vendus, du jamais vu dans l’histoire de la presse ces dernières décennies. Si on y ajoute les dons et les abonnements, Charlie Hebdo bénéficie d’une trésorerie plus que conséquente.

Dans le détail, le numéro « Tout est pardonné » a généré 10 millions d’euros. Les dons de particuliers représentent 1,75 million. Google a versé de son côté 250 000 euros pour aider à la survie du journal, tandis que l’association Presse et Pluralisme a donné 200 000 euros. En tout, plus de 12 millions d’euros qui permettront au magazine satirique d’envisager un avenir serein.

Une équipe renouvelée

Cet avenir, il s’incarne aujourd’hui mercredi 25 février par un nouveau numéro, le 1179è, avec à sa barre le dessinateur Riss au poste de rédacteur en chef, en remplacement de Charb. Deux nouveaux dessinateurs ont rejoint l’équipe, Ali Dilem qui participe au quotidien algérien Liberté, et René Pétillon que l’on connaît bien pour ses dessins dans le Canard Enchaîné. 2,5 millions d’exemplaires ont été imprimés pour ce numéro du renouveau.

Le nouveau Charlie, disponible dans tous les kiosques.

Journaliste adepte des nouvelles technologies et de l'économie en général, Olivier est aussi un féru d'histoire et pour son plaisir, il parcourt les musées partout dans le monde.