Un tiers des riches Chinois émigrent à l’étranger

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Par Laure De Charette Publié le 7 janvier 2013 à 3h46

Gérard Depardieu, Bernard Arnault, Christian Clavier ne sont pas les seuls à quitter leur pays pour mettre leurs picaillons à l’abri : les riches Chinois en font de même, et dans des proportions bien plus inquiétantes ! D’après un récent rapport sur la migration, un tiers des Chinois à la tête d'un capital net de plus de 16 millions de dollars US ont émigré à l'étranger. Le très officiel Quotidien du Peuple évoque une « fuite des cerveaux et du capital ».

Officiellement, les intéressés expliquent qu’ils veulent assurer de meilleures conditions d'études ou un meilleur système de santé à leurs enfants, s’éloigner de la pollution, de la politique de l’enfant unique, de l’absence d’Etat de droit. En réalité, leur objectif est clair : s’assurer un filet de sécurité pour eux-mêmes et pour leurs biens, afin de pouvoir prendre la poudre d’escampette en cas de problème. Si c'était seulement pour des questions d’éducation ou de santé, il leur suffirait d'envoyer leurs enfants l’espace de quelques mois ou années dans une université ou un hôpital étranger !

En 2011, une étude sur la richesse privée en Chine menée par la China Merchants Bank et le cabinet de conseil en stratégie Bain & Company révélait pour la première fois qu’environ 60% des Chinois possédant plus d'1,5 million de dollars étaient déjà partis ou prévoyaient de le faire. Cet exode des riches aurait débuté en 2009.

S’ils émigrent, c’est bien qu’ils ont peur. Que redoutent-ils : le gouvernement ? La population ? Les deux, estiment certains observateurs. Certains ne font plus confiance en la capacité du Parti à rester légitime, et donc à se maintenir sur le long terme. Et certains craignent que la population, excédée par les inégalités, se retourne contre eux un beau matin. Alors pourquoi ne pas mettre un pied, et quelques milliards, en dehors du pays ?

Certains se font même délivrer des passeports étrangers, comme c’est le cas des deux fils de Li Ka-Shing, l’homme le plus riche d’Asie, qui ont désormais la nationalité canadienne, de la milliardaire Zhang Yin, la « reine du papier recyclé » à la tête de de Nine Dragons Paper, qui possède un passeport américain, tout comme la fille du patron milliardaire du géant des boissons Wahaha.

Certains observateurs estiment que l'économie chinoise risque de s’effondrer si les autorités ne réussissent pas à faire rester ou revenir au pays les sommes parfois colossales que certains magnats aux aguets emportent dans leurs valises à l’étranger.

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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