Christine Lagarde entendue par les juges dans l’affaire Tapie

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Par Laure De Charette Modifié le 23 mai 2013 à 2h06

Parait-il qu'au FMI, la démission de la directrice n'est pas du tout à l'ordre du jour. Après celle de son prédécesseur, déjà un Français forcé à rendre le tablier, cela ferait désordre ! Christine Lagarde va être entendue aujourd'hui par la Cour de justice de la République -seule juridiction habilitée à juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans l'exercice de leurs fonctions-. Or à l'époque des faits, en 2008, Christine Lagarde était ministre de l'Economie et des Finances. Certaines prédisent déjà qu'à l'issue de son audition, elle serait mise en examen. Pourquoi donc les juges l'ont-ils convoquée ? Au sujet de son rôle dans la décision de l'Etat de recourir à un arbitrage privé dans le conflit qui opposait Bernard Tapie au Crédit lyonnais sur la vente d'Adidas.

Explications : en 2008 donc, l'homme d'affaires a reçu la modique somme de 285 millions d'euros, dont 45 millions en guise de réparation du préjudice moral qu'il aurait subi, à l'issue d'un arbitrage privé. Les juges veulent savoir si c'est Christine Lagarde qui a demandé à utiliser une telle procédure, contestée ? Si c'est elle qui a fait modifier l'arbitrage initial pour y intégrer la notion de préjudice moral, qui a conduit au versement des 45 millions supplémentaires ? Et enfin pourquoi elle n'a pas cherché à exercer un recours ? En somme, Christine Lagarde est soupçonnée d'avoir pris des décisions contraires à l'intérêt de l'Etat et favorables à Bernard Tapie. Sans pour autant qu'il y ait eu un quelconque enrichissement personnel.

Certains la soupçonnent d'avoir ainsi agi pour le compte de Nicolas Sarkozy, qui aurait voulu remercier Bernard Tapie pour l'avoir soutenu pendant la campagne présidentielle de 2007.

L'intéressée dément évidemment toutes ces accusations. Ce ne serait pas elle qui aurait décidé du recours à l'arbitrage privé. Elle y avait même apporté une série de conditions. En outre, la procédure était légale. Et son seul objectif était de mettre un terme à cette affaire, dont les rebondissements successifs coûtaient cher à l'Etat en frais de justice...

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.