La sécurité sociale, ce fromage coûteux et dangereux

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Par Eric Verhaeghe Publié le 16 janvier 2017 à 9h42
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59,1 %Les cotisations sociales représentent 59,1 % du budget de la Sécurité Sociale.

C’est sur le champ de la sécurité sociale que l’ironie de l’actualité confronte une nouvelle fois la cécité et l’autisme des discours officiels avec les terribles constats de la réalité. Malgré tous les dénis qui émaillent les propos de l’élite technocratique, l’implosion de notre sécurité sociale, due aux limites mêmes de son organisation et de sa logique, est évidente. Et malgré l’évidence de cet épuisement systémique, le discours officiel n’en continue pas moins à chanter, envers et contre tout, ses bienfaits.

L’épidémie de grippe ou quand la sécurité sociale est dangereuse pour la santé

La polémique a enflé, ces derniers jours, jusqu’à devenir explosive et mettre la ministre en difficulté. L’épidémie de grippe sévit. Elle touche plus de 800.000 Français. La plupart d’entre eux ont été traités par leur médecin de ville. Mais, face à la gravité de la maladie, dans un certain nombre de cas, les malades ont terminé aux urgences des hôpitaux.

Et soudain, le pays a compris son extrême fragilité face à une épidémie dont on savait pourtant, depuis longtemps, qu’elle sévirait durement. L’hôpital public s’est bloqué en quelques jours, face à l’afflux de patients. La ministre a même demandé aux hôpitaux de repousser les opérations non urgentes.

Des mesures d’urgence pour les hôpitaux à Paris

La situation est devenue si tendue, si inquiétante, que les hôpitaux parisiens ont bénéficié d’une mesure d’exception:

On le voit, par « décision » ministérielle, les hôpitaux parisiens peuvent déroger au plafond réglementaire d’heures supplémentaires. Venant d’un gouvernement qui a prôné la négociation d’entreprise en matière de durée du travail, le moment fait sourire.

Martin Hirsch en redemande…

Après avoir subi une longue grève des personnels, le directeur général de l’Assistance Publique parisienne en redemande. Il prône la suppression des organismes complémentaires de remboursement des soins et une « nationalisation » de la dépense de santé par l’assurance maladie. S’il passait moins de temps dans les dîners, les salons et les couloirs du pouvoir, il pourrait pourtant constater le naufrage de ses services et le risque sanitaire que présente une telle mesure.

… et pourtant la Sécurité Sociale coûte très cher

Rappelons quand même que cette gabegie, ce naufrage, ce désastre transformé en modèle indépassable par la technostructure coûte extrêmement cher à la prospérité du pays. Comme le rappelle très justement le haut conseil du financement de la protection sociale dans une note publiée la semaine dernière, les employeurs français sont ceux qui participent le plus au financement de la protection sociale dans leur pays. Il s’agit là d’un facteur qui entrave fortement la compétitivité de nos entreprises.

On mesure aujourd’hui l’ampleur du gâchis. L’hôpital public est un désastre parce que ses organisateurs bénéficient d’un financement assuré et pour ainsi dire invisible. Ce sont les « méchants » patrons qui paient. On peut donc se permettre d’y gaspiller l’argent. Le problème est que ce gaspillage se fait aujourd’hui au détriment des patients et de la santé des Français.

Article écrit par Eric Verhaeghe pour son blog

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Né en 1968, énarque, Eric Verhaeghe est le fondateur du cabinet d'innovation sociale Parménide. Il tient le blog "Jusqu'ici, tout va bien..." Il est de plus fondateur de Tripalio, le premier site en ligne d'information sociale. Il est également  l'auteur d'ouvrages dont " Jusqu'ici tout va bien ". Il a récemment publié: " Faut-il quitter la France ? "

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